Les géo-ingénieurs passent à l’action médiatique

Le 31 août 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Trop chers pour refroidir le climat, les canons de marine.
Trop chers pour refroidir le climat, les canons de marine.
US Navy

Les partisans de la lutte contre le changement climatique sont divisés en deux catégories. D’un côté, ceux qui entendent réduire les émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES) et s’adapter aux conséquences du réchauffement. De l’autre, les tenants d’une intervention technique sur le climat mondial pour refroidir le réchauffement: c’est la géo-ingénierie.

De plus en plus de climatologues, britanniques et américains notamment, estiment qu’il est trop tard pour stabiliser le climat en réduisant seulement nos rejets carbonés. Aussi saisissent-ils la moindre occasion pour vanter les mérites de la «gestion du rayonnement solaire», la fertilisation des océans, l’accroissement de l’albédo terrestre.

Profitant des errements de la météo, ces chercheurs se livrent, depuis quelques mois, à une véritable offensive médiatique. Les colonnes des PNAS, de Nature, du bulletin de la Royal Society, de Scientific American, d’Economic Research International se sont récemment enrichies d’articles portant sur les nouvelles technologies de captage de GES, les coûts de la géo-ingénierie, les conditions éthiques de son utilisation, etc.

Parmi ces techniques (jamais testées), une semble tenir la corde au sein du monde scientifique: la brumisation à grande échelle de particules de soufre. Largement diffusées dans l’atmosphère, ces poussières auraient le même effet «climatisant» que les nuages de poussières générés par les éruptions volcaniques.

Dans un article récemment publié par Environmental Research Letters, trois chercheurs américains ont estimé le devis annuel de ce sulfatage de la stratosphère.

Pour refroidir significativement le climat (le résultat escompté est de réduire le flux d’énergie solaire de 1 à 2,3 watts par mètre carré) les scientifiques estiment qu’il faut diffuser entre 1 et 5 millions de tonnes d’acide sulfurique (H2SO4) dans l’atmosphère, à une altitude comprise entre 18 et 25 kilomètres.

De la fusée au dirigeable en passant par des avions gros porteurs et des systèmes (à concevoir) de brumisateurs géants, tous les moyens ont été envisagés. Et c’est le dirigeable qui apparaît comme le plus efficace et le moins cher: entre 1 et 2 milliards de dollars (de 0,8 à 1,6 milliard d’euros) par an (hors construction). La fusée, elle, est totalement disqualifiée: 390 Md$/an (309 Md€) pour assurer notre protection climatique. A proscrire aussi: l’utilisation des plus gros canons (406 mm de diamètre!) de l’US Navy: entre 19 et 137 Md$/an (de 15 et 108 Md€).

Malgré l’enthousiasme déployé par les «géo-ingénieurs», quelques problèmes restent à résoudre. Nul n’est capable de prouver que ces techniques, en devenir, sont efficaces, ni qu’elles auraient les mêmes effets partout. Personne ne sait non plus quelle serait l’économie (qui paie quoi?) d’un tel dispositif. A fortiori en cas de dysfonctionnement.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus