Les gaz non conventionnels : une menace climatique ?

Le 18 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Polluante localement, l'exploitation des gaz non conventionnels l'est aussi globalement.
Polluante localement, l'exploitation des gaz non conventionnels l'est aussi globalement.

Jusqu’à présent, l’exploitation des gaz de schiste était critiquée pour son impact environnemental local. Un rapport du Tyndall Centre met également en cause l’impact climatique d’une exploitation généralisée de ce shale gas.

 

Il était logique que les climatologues s’emparent du dossier des gaz non conventionnels (GNC). Car, qui mieux que ces observateurs patentés des changements climatiques peuvent évaluer l’impact de l’utilisation (croissante) annoncée de ce nouveau « type » d’hydrocarbures ?

 

C’est désormais chose faite. Une équipe du Tyndall Centre for Climate Change Research vient de commettre un rapport sur ces fameux GNC. Et leur vision des gaz de charbon, gaz compacts et autres gaz de schiste n’est pas des plus réjouissantes.

 

En 87 pages, les climatologues britanniques rappellent l’importance des réserves (10.400 milliards de mètres cubes de réserves récupérables aux Etats-Unis) et l’évolution des techniques qui permettent désormais d’exploiter ces gisements jadis hors de portée (économique) des foreurs. Selon les projections de l’Energy Information Administration américaine (l'organisme de statistiques du ministère de l'énergie, ndlr), rappelle le rapport du Tyndall Centre, les GNC fourniront en 2035 le quart du gaz consommé outre-Atlantique, contre 6 % en 2008.

 

Le développement croissant de l’exploration et de la production de ce gaz naturel s’avère particulièrement néfaste à l’environnement local : fracturation des roches, pollution des nappes phréatiques par des substances toxiques, cancérigènes, mutagènes. Sans oublier quelques perturbateurs endocriniens. Ce qui explique que l’US EPA ait récemment lancé une étude d’impact sur l’exploitation des GNC. Et que l’Etat de New York ait décrété, le 11 décembre dernier, un moratoire sur la fracturation hydraulique jusqu’au 1 er juillet prochain. Au moins.

 

L’environnement global n’est pas épargné, lui non plus. Comme celui du gaz naturel classique, le puits de GNC émet de petites quantités de méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO 2. Mais du fait de la particularité géologique de ces gisements, l’exploitation des GNC émet plus de gaz carbonique que la traditionnelle extraction du gaz naturel : de 0,14 à 1,63 tCO 2éq/TJ supplémentaires.

 

Tout cela ne serait pas trop grave, ajoutent les scientifiques, si la consommation de GNC se substituait à celle du charbon, dont la combustion émet, en gros, deux fois plus de gaz carbonique que celle du gaz naturel, fut-il non conventionnel.

 

Hélas, la plupart des projections montrent que la demande mondiale d’énergie va fortement progresser au cours des prochaines décennies. Résultat : on consommera de plus de en plus de charbon et de gaz, naturel et non conventionnel.

 

Conclusion : la consommation annoncée des GNC accroîtra, selon les scénarios, de 3 à 11 ppmv la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Réduisant de ce seul fait tout espoir de maintenir à un niveau inoffensif pour le système climatique la concentration de gaz à effet de serre.



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