Les Français veulent des vêtements plus propres

Le 11 janvier 2019 par Stéphanie Senet
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Les Français réclament une étiquette environnementale et des engagements contre la pollution chimique
Les Français réclament une étiquette environnementale et des engagements contre la pollution chimique

 

Les citoyens sont de plus en plus regardants quant aux conditions de fabrication des vêtements, selon une étude européenne publiée le 10 janvier pour la campagne Clean Clothes et la Fondation Changing markets.

 

La destruction massive d’invendus textiles ne laisse pas seulement des traces dans les incinérateurs et les décharges. L’enquête réalisée par Ipsos auprès de 7.700 personnes de 7 pays européens (dont la France) montre que le grand public réprouve de plus en plus cette pratique, récemment illustrée par les enseignes Celio et Burberry. Un Français sur deux déclare aujourd’hui «être dissuadé d’acheter les produits d’une marque associée à la destruction de collections».

Plus massivement, trois quarts des Français pensent que les marques devraient surveiller les chaînes d’approvisionnement et veiller à ce que leurs produits soient fabriqués dans le respect de l’environnement. De quoi inciter le secteur de la mode, qui affiche un chiffre d’affaires de 150 milliards d’euros dans l’Hexagone, à passer ses pratiques au peigne fin.

 

Etiquette environnementale

Les Français veulent aussi en savoir plus. 80% des interrogés réclament des informations sur les engagements environnementaux des marques. Des données qui leur permettraient d’éclairer leurs achats. 64% des sondés affirment en effet qu’ils arrêteront d’acheter une marque dont les conditions de fabrication se révèlent trop polluantes. C’est le plus fort pourcentage des 7 pays européens[1].

Ils n’en sont pas moins sceptiques quant aux informations environnementales communiquées par les enseignes. 14% seulement des Français pensent qu’elles sont fiables. Un argument en or pour les défenseurs d’une étiquette environnementale indépendante généralisée au secteur de l’habillement.

 

Haro sur la viscose

L’étude révèle aussi une inquiétude grandissante autour de la viscose, d’origine végétale, de plus en plus utilisée en alternative au coton et aux fibres synthétiques. Alors que sa production nécessite des substances chimiques toxiques pour l’environnement et la santé humaine, elle devrait représenter 8,5% du marché mondial des fibres textiles en 2030 selon le Boston Consulting Group. 72% des Français veulent davantage d’informations sur la production de viscose et ses effets sur l’environnement. Au niveau européen, une pétition signée par plus de 300.000 personnes demande aux enseignes de recourir à une viscose 100% non polluante. 

«Nous demandons aux marques françaises de rejoindre de grands noms de la mode européenne, comme Zara, Asos, H&M et Marks&Spencer, pour signer notre feuille de route[2] pour des chaînes d’approvisionnement de la viscose plus propres», conclut Urska Trunk, de la fondation Changing Markets.

 



[1] Avec l’Italie

[2] http://changingmarkets.org/wp-content/uploads/2018/03/Roadmap-towards-responsible-viscose-and-modal-fibre-manufacturing.pdf



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