Les Français se moquent de la pêche durable

Le 28 septembre 2018 par Stéphanie Senet
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La durabilité de la pêche, une préoccupation mais pas un critère d'achat
La durabilité de la pêche, une préoccupation mais pas un critère d'achat
Creatice commons (CC BY 3.0)

La durabilité de la pêche n’arrive qu’en 8e position des critères d’achat de poissons par les Français, selon une étude publiée le 27 septembre par le label Marine Stewardship Council (MSC). Preuve que la prise de conscience de cet enjeu reste virtuelle.

Entre le dire et le faire, il y a parfois un océan… Alors qu’une majorité de Français s’inquiètent de la pollution marine (60%) et de la surpêche (57%), leurs actes d’achat contredisent ces préoccupations. Selon l’étude réalisée pour le MSC par le cabinet de recherche GlobeScan , l’approvisionnement de manière durable d’un poisson n’arrive qu’en 8e position des critères d’achat : après sa fraîcheur, sa qualité nutritionnelle, son caractère sain, son goût, la présence d’OGM, son caractère sauvage et son prix.
Une spécificité française puisque la durabilité de la pêche est prioritaire par rapport au prix dans 8 autres pays2: Allemagne, Autriche, Chine, Espagne, Italie, Royaume-Uni, Suisse et Suède. Elle n’arrive pas pour autant en première position…


Un problème d’éducation
«Ce résultat montre qu’il n’existe aucune éducation des mangeurs. Personne ne se rend compte que la pêche industrielle vide les océans et que si personne ne fait rien contre la surpêche, comme c’est le cas actuellement dans l’Union européenne, nous ne mangerons plus que des poissons d’élevage dans 20 ans», affirme au JDLE Gilles Fumey, directeur du pôle Alimentation, Risques et Santé à l’ISCC-CNRS.


Grands consommateurs
C’est une mauvaise nouvelle pour les ressources halieutiques puisque les Français sont de grands consommateurs. 9 personnes sur 10 mangent régulièrement des produits de la mer. Et la consommation moyenne s’élève à 34 kilogrammes par personne et par an, contre 20,5 kg dans le monde selon France Agrimer. Le nombre de produits labellisés MSC progresse pourtant en France, avec une hausse de 20% en 2018.



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