Les Français plus attentifs à l’origine géographique de leurs aliments

Le 13 novembre 2013 par Romain Loury
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59% des Français avouent se poser, «souvent» ou «très souvent», des questions sur les ingrédients contenus dans leurs produits.
59% des Français avouent se poser, «souvent» ou «très souvent», des questions sur les ingrédients contenus dans leurs produits.
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Près de deux tiers des Français (62%) ne se trouvent pas assez informés sur la qualité de leurs produits alimentaires, et 60% souhaiteraient mieux connaître l’origine des ingrédients des produits qu’ils consomment, selon un sondage réalisé par Ipsos. Une attente qui, à Bruxelles, reste pour l’instant lettre morte.

Réalisée auprès de 1.005 personnes pour le compte de Respect’in, qui se revendique «première marque de céréales initiée par des agriculteurs», l’enquête révèle les inquiétudes des consommateurs français, à l’issue d’une année marquée par l’affaire de la viande de cheval. Plus de trois quarts d’entre eux (76%) craignent d’ailleurs d’être de nouveau confrontés à une telle crise.

Parmi eux, 59% avouent se poser, «souvent» ou «très souvent», des questions sur les ingrédients contenus dans leurs produits. Et 42% reconnaissent avoir renoncé à des produits sur lesquels ils avaient des doutes quant à leurs effets sur la santé –nutritionnels, chimiques ou autres… ces effets ne sont détaillés.

Probable conséquence du «chevalgate», l’origine des ingrédients et le lieu de fabrication du produit arrivent en deuxième et troisième position comme critères de choix entre deux aliments équivalents (46% et 45%), derrière le goût (57%). D’ailleurs, 71% affirment y faire plus attention que 5 ans auparavant.

La Commission en panne sèche sur la viande transformée

Voilà qui n’aidera pas à mieux comprendre la démarche de la Commission européenne, qui semble hésiter devant l’étiquetage de l’origine de la viande utilisée comme ingrédient dans les plats préparés. Soutenue par les consommateurs et les producteurs, la mesure, sur laquelle la Commission s’est souvent montrée sceptique, devait faire l’objet d’un rapport avant la fin de l’année; avancé à octobre, il n’a toujours pas été rendu public.

Ce report de publication résulterait d’une absence de consensus au sein du collège des commissaires, indiquaient fin octobre Benoît Hamon (ministre délégué à la consommation) et Stéphane Le Foll (ministre de l’agriculture et de l’agroalimentaire) dans un communiqué commun. Le rapport devait par ailleurs être assorti d’une proposition législative, qui semble avoir été le point de blocage au sein du collège des commissaires.

Le Parlement européen pourrait se prononcer prochainement sur ce couac: dans une proposition de résolution déposée le 29 octobre, l’eurodéputée française Agnès Le Brun (parti populaire européen) engage ses collègues à «regretter l’absence de proposition [législative] accompagnant le rapport de la Commission». Celle-ci y est sommée de «rapidement proposer la mise en place d’un système d’étiquetage d’origine pour la viande présente dans les plats préparés».

Face à un tel consensus, la Commission pourra toujours s’abriter derrière un autre chiffre issu de l’enquête Ipsos: bien que soucieux d’étiquetage, les consommateurs interrogés sont 52% à penser que les informations contenues sur les emballages sont trop nombreuses.



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