Les Français, peu friands d’aspartame?

Le 21 décembre 2011 par Romain Loury
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Les Français seraient de petits consommateurs d’aspartame, du moins par rapport à la dose journalière admissible (DJA), selon des données du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) mises en avant par l’Association internationale pour les édulcorants (ISA).
 
Selon ces chiffres [1], seuls 19% des Français consommeraient au moins une fois par semaine des produits contenant de l’aspartame. En moyenne, les Français se situeraient à 2,4% de la DJA, fixée à 40 milligrammes par jour et par kilogramme de poids corporel. Chez les plus grands consommateurs, ce chiffre serait de 5%, avec un maximum observé à 35%.
 
«Pour atteindre [la DJA], un individu de 60 kg devrait consommer chaque jour, sa vie entière, 295 comprimés d’édulcorant intense de table ou 20 canettes de boissons sans sucres édulcorées», avance l’ISA dans un communiqué de presse.
 
Autant de chiffres qu’elle décide de publier alors que 2012 s’annonce une anné e décisive dans la bataille qui l’oppose aux opposants de l’aspartame: celle de la réévaluation complète de l’édulcorant par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Un travail initialement prévu pour 2020, mais que la Commission européenne a décidé d’avancer de 8 ans.
 
Raison principale de cette hâte: deux études particulièrement inquiétantes publiées en 2010, l’une danoise suggérant un risque d’accouchement prématuré, l’autre italienne montrant une survenue de cancers chez des souris. Autant de données qui confortent les anti-aspartame, selon qui la DJA est basée sur des études de faible qualité scientifique, voire volontairement biaisées.
 
L’ISA rappelle que ces deux études n’avaient pas fourni à l’Efsa «de preuves scientifiques justifiant de revoir les évaluations précédentes», selon un avis publié par l’autorité en février 2011. Dès lors, l’ordre de Bruxelles d’avancer la réévaluation sonnait comme un désaveu de l’Efsa… ce qu’élude l’ISA, qui n’établit aucun lien entre ces deux travaux et l’injonction de la Commission.
 
[1] Ces données sont issues de l’enquête CCAF 2010 («Comportements et consommations alimentaires des Français»), menée auprès de 1.222 foyers, et dont les résultats sont disponibles depuis fin 2010 pour les clients du Credoc.


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