Les Français ne mordent pas à l’hameçon de la pêche durable

Le 07 octobre 2016 par Stéphanie Senet
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L'approvisionnement durable, 7ème critère d'achat...
L'approvisionnement durable, 7ème critère d'achat...

Entre le papier et la réalité, il existe un fossé que les Français n’ont pas franchi en matière de produits de la pêche. Une majorité de citoyens sont convaincus du bien-fondé des produits de la mer durables mais ne les choisissent pas pour autant, selon le rapport annuel du MSC publié le 6 octobre.

Pour 78% des Français, la consommation de produits issus de sources durables est propice à la sauvegarde des océans. 69% d’entre eux se disent même prêts à changer leurs habitudes d’achat en faveur d’une alternative durable. Voilà pour les bonnes intentions. Mais lorsque l’on se penche sur les comportements d’achat, les Français choisissent un produit de la mer avant tout parce qu’il est «frais», «bon pour la santé», «salubre», pour son «goût», et parce qu’il est «sauvage». «L’absence d’OGM» n’arrive qu’en 6e position, et «l’approvisionnement de manière durable» en 7e place, devant «le prix».

Quelles espèces choisir? Disponible pour les smartphones, l’application Planet Ocean permet de sélectionner les espèces de poissons à privilégier, celles qu’il faut consommer avec modération et celles qu’il faut éviter à tout prix. Pratique, elle a été développée en 2014 par la fondation Good Planet en collaboration avec l’association SeaWeb Europe, qui édite un guide des espèces à l’intention des professionnels.

Cette enquête a été menée entre janvier et février 2016 par le cabinet GlobeScan auprès d’environ 20.000 consommateurs issus de 21 pays: Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Chine, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Italie, Japon, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Singapour, Suède, Suisse.

 

Forte consommation dans tous les foyers

Ce résultat est d’autant plus déplorable que les Français sont de gros consommateurs de produits de la mer. Dans l’Hexagone, 93% des consommateurs disent avoir acheté du poisson au cours des deux derniers mois contre 85% en moyenne dans les 21 pays analysés par l’enquête du MSC. Les tricolores arrivent juste après les Espagnols, les Sud-Africains et les Italiens. Et peu importe la région, l’âge moyen et la composition du foyer.

Selon la FAO[1], la France consomme 35 kilogrammes de produits de la mer par personne et par an, dont 80% sont importés. Si le poisson est la première source de protéines animales au monde, 31% des stocks sont surexploités et 58% sont exploités à leur maximum.

 

 

Bruxelles propose ses TAC pour les espèces profondes
La commission européenne a présenté, le 6 octobre, ses totaux admissibles de capture (TAC) pour les stocks de poissons d’eau profonde, particulièrement vulnérables, dans les eaux de l’UE et dans l’Atlantique du Nord-est pour 2017-2018. Ceux-ci sont stables ou à la baisse pour le sabre noir, le béryx, la dorade et le phycis de fond. Bruxelles réserve encore son avis pour le grenadier de roche, le grenadier berglax et le requin d’eau profonde. Ces quotas seront examinés par le conseil des ministres européens de la pêche, prévu en novembre à Bruxelles.

 

[1] Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

 



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