Les Français interrogés sur les risques industriels

Le 12 avril 2006 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Raffinerie-S
Raffinerie-S

Dans son dernier baromètre, l’IRSN analyse la perception des risques par les Français. Les résultats montrent une certaine défiance vis-à-vis des installations industrielles.

42% des Français déclarent que les risques liés aux installations industrielles vont augmenter dans l'avenir contre 20% pour dire qu'ils vont diminuer et 33% qu'ils ne changeront pas. Il s'agit d'un des principaux résultats de l'enquête de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), menée auprès d'un échantillon de 1.047 personnes, entre le 21 novembre et le 2 décembre 2005. Pour les personnes interrogées qui craignent une hausse des risques, celle-ci serait due au fait qu'il y a de plus en plus d'installations dangereuses (56,6% des premières et deuxièmes réponses cumulées), que les installations sont de plus en plus vétustes (49,3%), que les industriels n'investissent pas dans la sécurité (47,5%), et que les contrôles sont moins nombreux (31,1%). Pour les plus optimistes, la diminution des risques serait due à des contrôles plus fréquents (56,4%), à des industriels de plus en plus attentifs (46%) mais aussi au rôle de plus en plus actif des associations et des populations (44,6%). En ce qui concerne le contrôle de ces installations, les sondés font davantage confiance à un comité d'experts scientifiques (30,9%) qu'aux pouvoirs publics (22,2%).

A la question «Accepteriez-vous de vivre près de… quoi?», le site de stockage de déchets chimiques fait l'unanimité contre lui avec 95% de réponses négatives, suivi de près par celui de déchets radioactifs (94%), d'une décharge d'ordures ménagères et d'une installation chimique importante (ex æquo à 93%). D'une manière générale les Français s'avèrent très réticents à vivre près des installations dangereuses puisque aucun des choix, même l'antenne de réseau de téléphonie mobile (53%), n'a de grâce à leurs yeux. Le phénomène Nimby (1) ne semble pas près de disparaître.

Malgré tout, les risques environnementaux apparaissent moins préoccupants que d'autres puisque la dégradation de l'environnement se situe en quatrième position des risques les plus souvent cités (17%), derrière le chômage (43,3%), la misère et l'exclusion (33,2%) et l'insécurité (20,3%). Toutefois, il faut associer à la dégradation de l'environnement d'autres préoccupations comme les bouleversements climatiques (11,5%), les risques nucléaires (6,1%) et les risques chimiques (4,6%).

Au sein des risques environnementaux, ce sont l'effet de serre (35%), la pollution de l'air et de l'eau (ex aequo à 34,6%) qui dominent. Pourtant peu évoqué par les médias, l'appauvrissement de la couche d'ozone continue à préoccuper 24,2% des sondés. A l'opposé, les nuisances sonores arrivent en dernière position (5%), derrière la dégradation du paysage (7,6%), et la disparition des espèces animales (9%).



(1) Le phénomène «Not in my back yard» ou «Pas dans mon jardin» se réfère à l'opposition de populations riveraines à l'implantation ou à l'extension d'une nouvelle installation, notamment des incinérateurs ou des centres de stockage.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus