Les Français et l’environnement: une relation paradoxale

Le 09 janvier 2013 par Marine Jobert
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Le plaisir, au centre des préoccupations des Français.
Le plaisir, au centre des préoccupations des Français.
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Mon budget, ma santé, mon plaisir… voilà la hiérarchie des préoccupations des Français, telle que brossée par l’Ademe, qui publie une étude sur «Les Français et l’environnement: bilan et perspectives». Si la notion de développement durable fait son chemin dans les esprits (52% des Français déclarent avoir une idée «très ou assez précise» de ce que recouvrent les deux mots»), la situation économique monopolise les esprits: chômage et inégalités sociales arrivent en tête des préoccupations, avant la pollution atmosphérique.

La question énergétique est envisagée à travers le trou laissé dans le portefeuille par des dépenses ressenties comme de plus en plus lourdes: ils sont 48% à considérer que se chauffer et faire fonctionner les appareils électroménagers ampute par trop leur budget. Le système D fonctionne: on chauffe moins les pièces inoccupées et la moitié des personnes interrogées passent un pull bien plus volontiers qu’auparavant (deux préconisation de l’Ademe). Les radiateurs d’appoint sont de moins en moins sollicités. Pour autant, les travaux d’isolation ne font plus florès, les dispositifs fiscaux d’incitation ayant été rabotés. La question économique est bien centrale: quand les Français réalisent ces travaux, c’est d’abord pour diminuer leur facture énergétique (37%) et améliorer leur confort (26%). «Les efforts importants qui ont été faits sur le chauffage ont été compensés par l’augmentation des consommations spécifiques, c’est-à-dire de tous les appareils électroniques qui sont entrés dans la maison», rappelle-t-on au service Economie et prospective de l’Ademe.

Depuis quelques années, l’Ademe note que «les Français ne veulent pas sacrifier leur bien-être actuel à un futur de plus en plus difficile à appréhender». Et la notion de plaisir, qui a été posée pour la première fois cette année aux sondés, est importante pour 8 personnes sur 10. «2010 a été une année charnière dans nos baromètres», précise l’Ademe, qui a vu les questions d’environnement s’effondrer dans l’esprit des gens. «Plus personne ne voulait rien faire sur l’environnement», résume l’agence, qui note un timide regain d’intérêt pour les questions environnementales cette année, notamment à travers les questions climatiques. Les trois quarts des sondés considèrent que «les scientifiques évaluent correctement les risques liés au réchauffement climatique», contre 66% en 2010, et 46% estiment que les médias ne parlent pas suffisamment de cette question.

Dernier enseignement de l’étude: l’appétence pour les objets technologiques, que le sentiment général d’érosion du pouvoir d’achat ne remet pas en cause. 59% des sondés se déclarent «à l’affût des nouveaux produits et aimer les essayer». «Le grand public ne fait pas le lien entre la consommation de biens et l’épuisement des ressources», conclut l’Ademe.

 



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