Les Français au bord de la précarité énergétique

Le 19 juillet 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La France a payé plus pour consommer moins de charbon.
La France a payé plus pour consommer moins de charbon.

 

Jamais la France n’avait autant consacré à ses achats d’énergie qu’en 2011. La faute à la conjoncture internationale (Fukushima, Libye). Entre autres.

 

En 2011, les Français ont eu chaud. Et pas seulement parce que l’année a été la plus chaude qu’ait connue l’Hexagone depuis 110 ans. Nos compatriotes ont réglé leur plus lourde addition énergétique que l’on a vue de mémoire de statisticiens.

 

Comme l’a révélé, ce matin 19 juillet, Céline Rouquette du commissariat général au développement durable, la facture énergétique française a explosé. Avec un montant global de 61,4 milliards d’euros, elle s’alourdit de 15 milliards en une année et dépasse le record établi en 2008, année où le baril de brut avait frisé les 150 dollars (122 €). Désormais, le poste énergie représente 3,1% du PIB, contre 2,4% en 2010, 2% en 2009 et 1% dans les années 1990. Dit autrement, «la facture énergétique représente 88% du déficit commercial», souligne Pierre-Franck Chevet, le directeur de l’énergie et du climat (DGEC).

 

Le pétrole représente l’essentiel de cette douloureuse: 50 milliards, en hausse de 37% en un an. La forte hausse des prix du brut (+40%) et des produits raffinés (+37%) expliquent cette évolution. Une crise en déclenchant souvent une autre, les prix du gaz (indexés sur ceux de l’huile) ont aussi bondi: +28%, pour un total de plus de 11,5 Md€. Même la facture charbonnière progresse de 5,2% (à 2,3 Md€), alors que sa consommation a chuté de 14%.

 

Plusieurs facteurs expliquent un tel emballement. La guerre en Libye a réduit l’offre pétrolière, ce qui n’est jamais bon lorsque les marchés sont déjà tendus. Par ailleurs, les compagnies électriques japonaises ont massivement fait tourner leurs centrales au gaz, après l’accident de Fukushima. Ce qui a contribué (en plus de la Libye) à renchérir le prix des précieuses molécules. Le petit bond du charbon est, quant à lui, imputable à l’appétit croissant de l’industrie chinoise.

 

Malgré un effondrement de la production hydroélectrique (-24% pour cause de déficit de la pluviométrie), les exportations d’électrons ont contribué à modérer le déficit commercial énergétique. L’an passé, les électriciens ont vendu pour 2,6 milliards de plus qu’ils n’ont importé, soit 114% de plus qu’en 2010.

 

Sur le plan climatique, le bilan n’est pas trop négatif. Certes, les émissions de CO2 des transports et du tertiaire ont augmenté (respectivement de 1,6% et de 3,5%), mais elles sont largement compensées par les baisses intervenues dans l’industrie (-5,3%) et la production d’électricité (-20,7%). Au total, l’empreinte carbone directe française s’est allégée de 1,1%. La France devrait donc largement tenir ses engagements de Kyoto. Rendez-vous début 2013.

 

Les ménages, en revanche, n’ont pas été à la fête. Dans l’ensemble, les foyers tricolores ont consacré, en 2011, 85 Md€ à l’achat d’essence, d’électricité, de gaz et de gazole. Soit 12,2% de plus en un an. Chaque famille a dû décaisser plus de 3.000 € pour ses emplettes énergétiques. «En moyenne, les Français ont consacré 7,7% de leur budget à l’énergie. C’est du jamais vu. Et c’est inquiétant, si l’on se souvient que la précarité énergétique commence lorsque l’on consacre 10% de ses revenus à l’énergie», rappelle Pierre-Franck Chevet.

 

De quoi militer un peu plus en faveur d’une politique de maîtrise des consommations. Ce que nous promettent déjà les organisateurs de la conférence sur la transition énergétique, des 13 et 14 septembre prochains.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus