Les fours d'Isséane par voie fluvial

Le 20 janvier 2006 par Christine Sévillano
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Les fours de la future usine d'incinération d'Issy-les-Moulineaux en région parisienne viennent d'arriver par voie fluviale depuis la Croatie. Ce mode alternatif est de plus en plus prisé par le Syctom notamment la gestion quotidienne de l'activité des centres de tri.

La future usine d'incinération d'Issy-les-Moulineaux, Isséane, n'est pas encore terminée, mais déjà les 2 gros fours-chaudière qui transformeront les déchets ménagers en énergie viennent d'être livrés au Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Syctom) de l'agglomération parisienne. Et pas par n'importe quel moyen: par voie fluviale. Les fours ont en effet été fabriqués en Croatie, puis ont parcouru 3.000 kilomètres (km) sur les plus grands fleuves d'Europe, du Danube à la Seine en passant par le Main et le Rhin en traversant la Hongrie, l'Autriche, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique. Ce périple, qui présente moins de risques que le transport routier, a permis le remplacement de 280 camions gros-porteurs en convoi exceptionnel, qui auraient alors effectué 1.800 km. Mais l'économie est aussi à compter en dioxydes de carbone (CO2), puisque les parties lourdes des fours pèsent 2.000  tonnes, ce qui équivaut au tiers des charpentes métalliques de la Tour Eiffel. Ce transport fluvial a donc permis de produire 2,4 fois moins de CO2. Arrivés à Limay (Yvelines), les fours vont être pré-assemblés sur une plate-forme au courant de l'hiver avant de parvenir à leur destination finale par voie fluviale, Issy-les-Moulineaux.

Le recours à la voie fluviale semble devenir un mode de transport alternatif essentiel pour le Syctom, qui l'a utilisée dès 1995 lors de la mise en place de l'évacuation, par la Seine, de 158.000 tonnes de mâchefers, chaque année, issus du centre de valorisation énergétique d'Ivry-Paris XIII pour le plate-forme de traitement de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Cela permet de retirer des routes franciliennes 6.800 camions. Autre opération ponctuelle cette fois: l'évacuation des terres issues des terrassements de l'usine d'Issy vers la base de loisirs de Verneuil-sur-Seine (Yvelines), où elles sont utilisées comme remblais. 1,12 million de tonnes ont été acheminés par péniche pendant 11 mois, jusqu'en juin 2005, au rythme de 2 à 3 bateaux par jour. Ce sont ainsi 56.000 camions qui ont été évités sur cette période. Désormais, ce ne sont  plus les seuls mâchefers qui sont déplacés par la voie fluviale, les objets encombrants, les journaux et magazines bénéficient du même transport. Depuis un an, le centre de tri de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) évacue 70% des objets encombrants par voie fluviale, après un pré-tri, afin de les envoyer vers un centre de tri d'encombrants plus spécialisé à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), soit 40.000 tonnes par an, représentant l'élimination de 2.000 camions chaque année.

En 2005, ce sont quelque 380.000 tonnes de matériaux qui ont été acheminés par le rail ou le fleuve des centres de traitement de déchets du Syctom vers les entreprises de recyclage et de valorisation, soit un évitement de 17.000 camions sur les axes routiers en Ile-de-France. Il s'agit d'une hausse puisque l'an passé, seulement 340.000 tonnes ont été transportées par les mêmes modes. Des efforts qui ne devraient pas s'arrêter: le Syctom poursuit ses études pour diminuer encore l'impact des transports routiers. Objectif affiché: obtenir d'ici 2010 un taux de transport alternatif à la route en sortie de ses centres de traitement de 60% contre 38% en 2005. Les prochains travaux vont concerner Isséane dont l'évacuation des mâchefers doit se faire par voie navigable et des équipements portuaires ainsi qu'un automoteur fluvial capable de transporter 75.000 tonnes annuelles de journaux et magazines depuis l'agglomération parisienne jusqu'à Grand-Couronne, près de Rouen (Seine-Maritime). L'automoteur reviendra ensuite chargé d'un tonnage équivalent de bobines de papiers pour alimenter les imprimeries franciliennes, évitant 450.000 km de transport routier par an.


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