Les forêts absorbent moins de carbone

Le 20 août 2010 par Thérèse Rosset
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Le réchauffement climatique diminuerait la capacité de stockage de CO2 par les plantes. Une grande surprise pour les biologistes Maosheng Zhao et Steve Running de l’université du Montana qui s’attendaient à un phénomène inverse. Publiée aujourd’hui dans la revue Science, leur étude vient contrecarrer les résultats de précédentes études.

En 2003, les mêmes scientifiques avaient remarqué une augmentation du captage du dioxyde de carbone par les plantes entre 1982 et 1999. A mesure que les températures s’élevaient, la quantité de CO2 absorbée et transformée en biomasse (autrement appelée la production primaire nette -PPN) augmentait. L’accroissement des radiations solaires a favorisé la croissance végétale, augmentant ainsi la capacité de stockage du CO2.

Inversement de tendance pour 2000-2009 : au lieu d’aider la végétation à grandir, les fortes chaleurs auraient occasionné du stress hydrique. Conséquence, une réduction de 0,55 pétagramme de carbone (550 milliards de tonnes de carbone, soit 2.018 milliards de tonnes équivalent CO2) de la PPN mondiale.

Ce chiffre a été obtenu à partir de l’analyse des données du spectromètre pour imagerie de résolution moyenne (Modis) du satellite Terra de la Nasa. Après avoir distingués les différents écosystèmes et mesuré leurs densités, les scientifiques américains ont examiné les facteurs influençant la croissance végétale (comme l’eau et la durée du jour), afin d’estimer la quantité de PPN.

Résultat étonnant, le volume de carbone séquestré a augmenté dans certaines zones et diminué dans d’autres. Au final, le bilan est négatif, malgré les quelques « plus » observés. L’hémisphère Nord, incluant une partie de l’Amérique du Nord, de l’Europe de l’Ouest, de l’Inde et de la Chine a vu sa quantité de PPN s’accroître. Alors que dans l’hémisphère Sud, 70 % des terres recouvertes de plantes, à savoir notamment l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Australie, montrent un abaissement de PPN.

Les raisons pour lesquelles les plantes ont répondu différemment au réchauffement et à l’amplification des sécheresses restent obscures. A en croire Steve Running, le manque d’eau au Sud, principale limitation de la croissance végétale dans ces régions, aurait un impact plus fort que la hausse des températures et l’allongement de la durée de pousse, observés dans le Nord.

Les scientifiques de l’université du Montana se refusent à toute conclusion hâtive. Ils attendent de voir si la baisse de PPN durant la dernière décennie est une anomalie ou si elle préfigure un tournant dans la capacité de stockage de carbone par nos forêts.

 

 



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