Les fish’n’chips, oui, mais quel «fish»?

Le 17 septembre 2014 par Romain Loury
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"Salt or vinegar?"
"Salt or vinegar?"
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Après s’être attaqué en avril à la viande d’agneau vendue dans les kebabs, l’association britannique Which? s’en prend au poisson des fish’n’chips. Et le bilan n’est pas reluisant.

Il n’y a pas que la viande de cheval qui se transforme en bœuf: d’autres animaux ont l’étrange faculté, une fois réduits à l’état de viande, de se transmuter en d’autres espèces. Ce qui permet à certains commerçants indélicats d’empocher la différence de prix.

Au Royaume-Uni, l’association de consommateurs Which? est de celles qui traquent ce type de fraude. En avril dernier, son enquête menée sur 145 restaurants à kebab du pays avait révélé que 43 d’entre eux vendaient de la viande d’agneau qui n’en était pas, en général du bœuf ou du poulet (voir le JDSA).

Les fish’n’chips pratiquent aussi ce genre d’entourloupe, comme l’a révélé Which? le 13 septembre, au terme d’une enquête menée auprès de 45 établissements de Glasgow, Birmingham et Manchester. Selon des tests ADN menés sur les échantillons, 7 d’entre eux présentent leur poisson comme étant d’une espèce plus chère.

Dans 5 cas (tous à Glasgow), du merlan était vendu à la place du haddock; dans 2 autres (à Manchester), il s’agissait de haddock à la place de cabillaud. Des trois grandes villes ciblées par cette petite enquête, Birmingham semble la ville la plus fiable pour s’acheter un fish’n’chips: les 15 restaurants testés y vendent bien du cabillaud, comme ils l’affichent sur leur carte.

«Il est clair que la restauration britannique a encore un long chemin à faire pour s’assurer que les consommateurs obtiennent vraiment ce qu’ils ont payé», s’indigne Chris Elliott, auteur fin 2013 d’un rapport au gouvernement britannique sur la fiabilité de la filière agroalimentaire.

La question de l’identité du poisson s’étend bien au-delà du Royaume-Uni: comme l’ont démontré plusieurs associations, les étiquetages frauduleux du poisson sont légion, en Europe, mais peut-être encore plus au Etats-Unis. En 2013, l’association Oceana révélait ainsi que 33% des poissons vendus dans le pays n’étaient pas de l’espèce affichée (voir le JDSA).



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