Les fermes Terre de liens, l’agriculture de demain?

Le 24 juillet 2017 par Marine Jobert
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De plus petites surfaces qu'en bio "classique".
De plus petites surfaces qu'en bio "classique".
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Des systèmes de production très mixtes et adaptés aux ressources des territoires. Des fermes peu gourmandes en ressources fossiles et en intrants, très autonomes et avec une empreinte environnementale réduite. Le commissariat général au développement durable dresse un portrait très positif des fermes du réseau Terre de liens, qui répondent aux objectifs des politiques publiques en matière de préservation de la biodiversité et de protection de la ressource en eau.

Des fermes en polycultures élevage, sans intrant chimique, souvent tournées vers le maraîchage, toujours arrimées à un bail rural environnemental (BRE). Voici la carte d’identité de 27 fermes du réseau Terre de liens que le commissariat général au développement durable (CGDD) a passé au crible et comparées avec des fermes conventionnelles et en agriculture biologique . Dans son étude,      le ministère de l’écologie s’interroge sur les performances environnementales (voir encadré) de ces exploitations détenues par cette fondation créée en 2003, qui achète des terres agricoles dans des espaces à forte pression foncière pour y installer des agriculteurs en agriculture biologique.     

Comment évaluer les performances agro-environnementales d’une exploitation? Avec «Dialecte», un outil de diagnostic développé par Solagro, qui repose sur 2 piliers: la mixité de l’exploitation et son utilisation économe d’intrants; la préservation des ressources en eau, la protection du sol, la biodiversité, la consommation de ressources.

Couverture du sol très importante

Les fermes Terre de liens se distinguent notamment par une grande diversité des productions végétales, une part importante de légumineuses dans la surface agricole utile (SAU), des caractéristiques des systèmes en agriculture biologique, une couverture importante du sol en hiver (96 % de la SAU) liée à une part importante de prairies dans l’assolement, une forte autonomie en fourrage grossier (79 %). Les surfaces en infrastructures agroécologiques représentent en moyenne 50% de la SAU liées notamment à une part importante de prairies naturelles. La taille moyenne des parcelles est plus faible que pour l’échantillon des exploitations en AB (6 ha) et l’échantillon des fermes conventionnelles (10 ha).

Consommation totale d’énergie divisée par 10

La mixité des fermes Terre de liens est également plus élevée que ses cousines, qu’elles dépassent également en termes de d’économie en énergie. La consommation d’énergie s’élève à 177 EQF - équivalent litre de fioul par hectare de surface agricole - dont 116 EQF d’énergie directe (fioul et électricité). Le niveau très bas des énergies indirectes est lié à l’absence d’utilisation d’engrais chimique, mais aussi à la part élevée des prairies conduites de manière extensive. La consommation totale d'énergie par ferme est également beaucoup plus faible. Elle est 10 fois plus faible que les exploitations conventionnelles  (7.676 EQF versus 82.190 EQF). Cependant l’efficacité énergétique de ces fermes est plus faible (1,7) que l’échantillon des fermes biologiques (2,4) et conventionnelles (2,7), du fait d’un niveau de production plus faible.

Azote et phosphore avec mesure

Bonne valorisation de l’azote et absence d’excédent azoté sont également 2 points forts des fermes Terre de liens, puisque leurs apports d’engrais chimiques et organiques épandus sont très bas (11 kg N/ha en moyenne contre 80 kg N/ha pour les exploitations conventionnelles). La pression d’azote totale (apports d’engrais, pâturage et fixation symbiotique par les légumineuses) est de 46 kg contre 130 kg. Concernant la gestion du phosphore, les apports, uniquement d’origine organique, s’élèvent en moyenne à 15 kg P/ha. Le bilan entrée – sortie est équilibré, contrairement à ce qui est observé pour les exploitations conventionnelles qui présentent en moyenne un excédent de 9 kg P/ha.

Pas d’irrigation

Les fermes Terres de lien ne recourent pas à l’irrigation, à l’exception des systèmes en maraîchage, ce qui améliore encore leur note en matière de pressions sur la ressource en eau. Les très faibles crejets d’azote et de phosphore et l’absence d’utilisation de produits phytosanitaires y contribuent aussi fortement. Le taux élevé de couverture du sol et la présence de haies contribuent aussi à la protection de cette ressource.

Auxiliaires vs ravageurs

La biodiversité –tout comme le sol- se porte bien sur ces enclaves, puisque le maintien d’infrastructures agroécologiques non cultivées (mais le plus souvent gérées et valorisées) dans les agrosystèmes permet de conserver de nombreuses espèces et ainsi de contribuer à maintenir un équilibre entre les espèces concurrentes ou ravageuses des cultures et les espèces auxiliaires (syrphes, coccinelles, carabes, rapaces, oiseaux insectivores, etc.), les espèces pollinisatrices et l’ensemble de la microfaune et de la microflore du sol. Ces milieux semi-naturels contribuent aussi à la préservation de la qualité de l’eau et à la protection du sol. Ils jouent aussi un rôle majeur dans la diversité des paysages. L’absence de fermes Terre de liens dans des zones reconnues d’intérêt biologique et la présence limitée de prairies dites peu productives minorent toutefois la note finale.

Approfondir les recherches

Tout en estimant que ces fermes «répondent de manière générale aux objectifs des politiques publiques en matière de préservation de la biodiversité et de protection de la ressource en eau», le CGDD met en garde. Car non seulement le            s qualités environnementales et sociales de ces fermes n’ont pas été pleinement explorées, mais elles ont été comparées à des échantillons de fermes volontaires, non représentatives de la réalité de l’agriculture conventionnelles ou AB. Attention à ne pas généraliser des résultats toutefois fort prometteurs.

 



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