Les femmes (presque) privées de poisson

Le 05 juillet 2013 par Marine Jobert
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La carpe, un poisson d'eau douce fortement bio-accumulateur, à ne pas consommer plus de 2 fois par mois.
La carpe, un poisson d'eau douce fortement bio-accumulateur, à ne pas consommer plus de 2 fois par mois.
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«Bénéficier des qualités nutritionnelles de ces produits sans s’exposer à un risque particulier.» A la lecture des recommandations que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier, il apparaît que la consommation des poissons et des produits de la pêche devient un exercice délicat. Car tout en étant «des aliments particulièrement intéressants au plan nutritionnel», ils sont également des sources de polluants nombreux, ce qui implique d’encadrer strictement leur consommation. Des précautions s’imposent en premier lieu pour les fillettes et les adolescentes, les femmes en âge de procréer, les femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de 3 ans (ainsi que pour les personnes âgées ou immunodéprimées).

 

Protéines, minéraux, vitamines… tous les poissons en recèlent. Certaines espèces sont également «des sources d'oméga 3 à longue chaîne, particulièrement intéressantes au plan nutritionnel car intervenant dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, ainsi que le développement et le fonctionnement de la rétine, du cerveau et du système nerveux.» Il est ainsi recommandé de consommer du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras.

 

Mais les poissons ont le gros défaut de fréquenter les mers, les océans et les cours d’eau… qui sont archi pollués. L’analyse de leur chair met en évidence la présence de dioxines, de PCB et de méthyl-mercure, «qui peuvent avoir des effets néfastes sur la santé en cas de surexposition.» Dans un rapport publié en avril dernier [JDLE], l’Anses avait en outre mis en lumière que de 1% à 3% du Bisphénol A d’origine alimentaire proviendraient des produits de la mer, sans pouvoir en expliquer la cause. 

 

Des microorganismes pathogènes d’origine humaine, animale, hydrique ou tellurique, présents dans l’eau douce ou salée, peuvent également être sources de contamination. «Les coquillages, en filtrant l’eau, peuvent concentrer de grandes quantités de bactéries, virus et parasites et à ce titre représentent une source de contamination humaine s’ils ne proviennent pas d’une zone d’élevage autorisée et contrôlée.» 

 

Forte de ces constats, l’agence sanitaire a élaboré des préconisations en fonction des publics. A la population générale, l’Anses recommande de consommer 2 portions de poissons par semaine, dont un poisson gras (saumon, sardine, maquereau, hareng, truite fumée), de varier les espèces et les lieux d’approvisionnement, de limiter à 2 fois par mois la consommation de poissons d’eau douce fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, brème, carpe, silure) et de cuire à cœur le poisson de mer frais.

 

Aux populations «sensibles», l’Anses recommande de ne pas consommer de poissons et fruits de mer crus ou insuffisamment cuits, ainsi que les produits de la mer les plus fréquemment contaminés par la listériose. Soit les produits fumés conservés au froid -poisson, fruits de mer, les coquillages crus, les poissons crus et produits à base de produits de la mer (comme le tarama) et les crustacés décortiqués vendus cuits («il est préférable de cuire soi-même ses crustacés», précise l’Anses). Les poissons prédateurs sauvages (lotte (baudroie), loup (bar), bonite, anguille, empereur, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon...) doivent être consommés avec modération. Et à titre de précaution, l’Anses les enjoint à éviter espadon, marlin, siki, requin et lamproie en raison du risque lié au méthylmercure. 

 



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