Les faucheurs d’OGM ont encore frappé

Le 16 août 2010 par Célia Fontaine
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L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) juge, dans un communiqué du 16 août, irresponsable l’attitude des faucheurs volontaires qui ont saccagé, hier 15 août à Colmar ( Alsace), 70 porte-vignes génétiquement modifiés en phase d’expérimentation.

Selon l'Inra, les risques sanitaires et environnementaux n'existent pas sur cet essai de plantes qui ont été modifiées pour accroître leur résistance au court-noué, une maladie de la vigne. L’Institut évoque les conditions strictes prévues pour éviter tout risque de dissémination des gènes : « Les porte-greffes ne produisaient pas de fleurs et les inflorescences du greffon étaient éliminées avant floraison ; une bâche installée dans le sol retenait par ailleurs les nématodes, des vers évoluant dans les racines de la vigne et qui transportent le virus du court-noué ».

En s'attaquant à « ce travail de la recherche publique » (la commercialisation n’était pas en vue), les faucheurs empêcheraient l’Inra de «déterminer, en toute indépendance, la pertinence et les risques éventuels de ce type de technologie dans la lutte contre le court-noué ».

En septembre 2009, les 70 plants de ce même laboratoire avaient déjà été sectionnés par un militant. Celui-ci avait été condamné à une amende de 2.000 euro et à 1 € symbolique de dommages et intérêts. Le président de l'unité de Colmar de l'Inra, Jean Masson, a annoncé son intention de déposer une nouvelle plainte. Le préjudice serait évalué à 1 million €.

Les Verts Alsace soutiennent cette action des faucheurs. Jacques Fernique salue le « coup d'arrêt donné à l'essai OGM vignes de Colmar pour sortir enfin de l'impasse de la manipulation génétique ». Il s’agit selon lui d’une « réponse forte à la relance d'un essai OGM qui vise essentiellement à cautionner les expérimentations à ciel ouvert ».

Ces événements surviennent alors qu’aux Etats-Unis, un juge fédéral californien a suspendu le 13 août dernier la culture d'une variété de betterave à sucre génétiquement modifiée, infligeant ainsi au géant Monsanto un sérieux revers. En cause, le défaut d’étude d’impact sur l’environnement au moment de la commercialisation de cet OGM, -lequel fournit plus de 90 % de la production américaine et la moitié de l'approvisionnement en sucre aux USA. Les associations écologistes américaines soutiennent en outre que l’utilisation de cet OGM avait créé une augmentation de l’utilisation d’herbicides.



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