Les fast-foods en plein casse-tête chinois

Le 31 juillet 2014 par Romain Loury
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En Chine, Ronald n'est pas à la fête
En Chine, Ronald n'est pas à la fête
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En Chine, plusieurs chaînes américaines de fast-food se retrouvent prises dans un scandale de sécurité des aliments. En cause, leur principal fournisseur réemballait la viande avariée, pratique qui durait depuis au moins un an.

McDonald’s, Pizza Hut, Kentucky Fried Chicken, mais aussi Starbucks, les pizzas Papa John’s, Burger King… tels étaient les principaux clients de la société Shanghai Husi Foods, fournisseur de leur viande sur le marché chinois. Or lors d’un reportage diffusé le 20 juillet par la chaîne Dragon TV, les ouvriers de son usine principale, à Shanghai, sont montrés en train de réemballer de la viande périmée, modifiant la date de péremption.

Touchant aussi bien le bœuf, le porc que le poulet, cette pratique, au besoin appuyée d’un petit coup de chlore pour nettoyer la viande, aurait commencé il y a au moins un an. L’an dernier, un ancien responsable du contrôle qualité de l’entreprise, Wang Donglai, employé de 2007 à 2013, avait en effet porté plainte contre elle à ce sujet.

Motifs invoqués: Shanghai Husi Foods l’obligeait à des pratiques contraires à l’éthique professionnelle, mais aussi mettait sa santé en danger, du fait de l’exposition au chlore. Surprise, sa plainte a été rejetée par la justice, au motif que Wang Donglai était en parfaite santé! Il aura donc fallu le reportage de raison TV pour que les choses bougent enfin.

A ce jour, cinq responsables, dont l’actuel responsable du contrôle qualité de Shanghai Husi, ont été arrêtés. Et les découvertes s’enchaînent: outre la Chine et Hong Kong, l’enquête a montré que les croquettes de poulet vendues par McDonald’s dans ses restaurants japonais provenaient aussi de Shanghai Husi Foods.

Une filiale d’un groupe américain

Ironie de l’histoire, cette société s’avère être une filiale d’un groupe américain, OSI Group, basé à Aurora (Illinois). Depuis la révélation de l’affaire, celui-ci ne cesse de se répandre en communiqués de circonstance: «excuses sincères», «comportements inacceptables», etc. Et s’engage, plus concrètement, à des enquêtes en interne, des retraits du marché de tous les produits de Shanghai Husi Foods. Rebaptisée OSI International China, celle-ci va d’ailleurs faire l’objet d’une tutelle plus vigilante.

Là où les choses se gâtent un peu plus, c’est que d’autres employés d’OSI Group en ont profité pour dénoncer des non-conformités assez peu reluisantes, mais cette fois-ci dans l’une des principales usines américaines, dans la ville de West Chicago (Illinois). Or comme en Chine, OSI est aux Etats-Unis le premier fournisseur en viande de McDonald’s.

Interrogée par l’International Business Times, une ancienne employée confie que «la viande tombée à terre était remise dans le lot et conditionnée. [Les employés] crachaient dans la viande et y suaient des gouttes de leurs visages, il y avait des moments où des personnes laissait tomber leur chewing-gum dans la viande, et ils l’y laissaient s’ils ne le trouvaient pas. Chaque personne devait se laver les mains à l’entrée de la zone de production, mais à peu près personne ne le faisait». Pour l’instant, OSI Group n’a pas encore fait savoir s’il trouvait ces agissements «inacceptables».

Ce n’est pas la fin des soucis pour Ronald: sur fond de tensions géopolitiques, l’agence russe de protection des consommateurs, le Rospotrebnadzor, vient de porter plainte contre McDonald’s au motif que son information nutritionnelle n’y serait pas conforme à la législation russe. De plus, des traces d’Escherichia coli auraient été détectées dans un restaurant inspecté en mai. Décidément, les Happy Meals n’auront jamais aussi mal porté leur nom.



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