Les fabricants d'emballages en verre veulent réduire leurs émissions

Le 16 mars 2020 par Stéphanie Senet
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Un four électrique hybride promet de réduire de 60% les émissions de CO2 liées à la fabrication
Un four électrique hybride promet de réduire de 60% les émissions de CO2 liées à la fabrication

La fédération européenne du verre (Feve) annonce, ce 16 mars, un projet de four hybride de grande capacité permettant de réduire de 60% les émissions de CO2 liées à la production d’emballages en verre.

Pour réduire son empreinte carbone à l’échelle européenne, l’industrie du verre mise sur l’expérimentation d’un four électrique hybride de grande capacité. Ce projet-pilote (Furnace of the future) a été développé et financé par 20 fabricants d’emballages en verre (bouteilles, pots et flacons), membres de la Feve[1].

Grands fours

«Des petits fours électriques existent déjà dans 150 usines à travers l’Europe. Mais ils sont exclusivement dédiés à la fabrication de verre blanc (incolore) à partir de matières premières vierges. L’objectif est d’équiper à terme tous les grands fours, qui fournissent l’essentiel de la production de verre, en ajoutant du verre recyclé», explique Jacques Bordat, président de la Fédération française de l’industrie du verre.

Fourneau du futur

La nouvelle technologie, basée sur l’oxy-combustion, sera alimentée par 80% d’électricité renouvelable au lieu du gaz naturel (et du fioul lourd dans 10% des cas en France). Les 20% restants seront constitués de gaz naturel et «pourquoi pas, demain, du biométhane», selon Jacques Bordat. Ce fourneau du futur permettra de produire plus de 300 tonnes par jour de verre de différentes couleurs et pourra intégrer plusieurs catégories de verre recyclé.

Surcoût de 40 M

L’installation-pilote sera construite en Allemagne en 2022 suite à la proposition du groupe allemand Ardagh, deuxième producteur au monde d’emballages en verre. «Nous voulons démontrer la viabilité de la fusion électrique à l’échelle commerciale», explique Martin Petersson, PDG du groupe Ardagh. Le surcoût d’une telle installation[2] est estimé à 40 millions d’euros pendant sa durée de vie (10 ans). Il tient davantage aux frais de fonctionnement (l’électricité est 3 à 4 fois plus chère que le gaz) qu’au coût de l’investissement.

60% d’émissions de CO2 en moins

Financé par les plus grands verriers européens, ce projet pourrait aussi bénéficier du Fonds de financement de l’innovation mis en place dans le cadre système européen d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre (ETS). Le remplacement du gaz naturel par de l’électricité renouvelable permettra en effet de réduire de 60% les émissions carbonées de la fabrication, selon le communiqué de la Feve. Ensuite, chaque ajout de 10% de verre recyclé dans le process les baisse de 5%. Au total, le secteur émet aujourd’hui 11 millions de tonnes de CO2 par an, soit 0,5% des émissions européennes. «La phase de production représente la grande majorité de nos émissions puisque nos usines, en France, sont situées près de nos principaux clients que sont les vignobles», affirme Jacques Bordat.

A cause du plastic bashing, l’industrie du verre connaît une embellie depuis deux ans. Après avoir enregistré une baisse de vitesse dans les années 2000, la production européenne affiche en effet un taux de croissance de 2%. «Le verre est recyclable à l’infini et ne présente aucun problème sanitaire», rappelle le président de la Fédération française. Deux atouts majeurs face au plastique. Prochaine étape : la consigne de ces emballages ?



[1] La Fédération compte 60 membres, produisant 80 milliards de contenants en verre au sein de 160 sites installés dans 23 pays

[2] Par rapport à un four classique