Les extraits de stévia autorisés à l’échelle européenne

Le 16 novembre 2011 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La Commission européenne a autorisé l’usage des glycosides de stéviol comme édulcorants, dans un règlement publié samedi 12 novembre au Journal officiel de l’Union européenne (JOUE).
 
Cette autorisation, qui était attendue pour cette fin d’année, prendra effet à compter du 2 décembre prochain. Elle s’appuie sur un avis positif publié en avril 2010 par l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).
 
Tout en jugeant que les glycosides de stéviol n’étaient «ni carcinogènes, ni génotoxiques ni associés à une toxicité reproductive ou développementale», l’Efsa avait évoqué un risque de dépasser la dose journalière acceptable (DJA) aux niveaux proposés par les fabricants [1]. Ceux-ci ont donc dû revoir à la baisse leurs propositions de dosages pour les différents produits à édulcorer, qui figurent dans le règlement publié samedi dans le JOUE.
 
«Dans les semaines et les mois prochains, les consommateurs européens verront de nouveaux produits édulcorés à la stévia arriver dans leurs supermarchés. Cela inclura une large gamme de produits, dont des yaourts, des céréales, des boissons, des sodas, des confiseries, des chocolats et des édulcorants de table», se réjouit le président de l’International Stevia Council, Carl Horn, dans un communiqué.
 
Même joie chez Coca-Cola France, première entreprise à avoir lancé dans le pays un soda à base de rébaudioside A. Dans un communiqué, l’entreprise prévoit de «nouvelles innovations majeures, dont certaines (…) verront le jour en France dès 2012».
 
La France a pris un train d’avance sur l’Europe, en autorisant en 2009 l’usage d’un glycoside, le rébaudioside A à la pureté minimale de 97%. Il est surtout présent comme édulcorant de table (sous forme de sucrettes), mais aussi dans les boissons, les produits laitiers et le chocolat, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
 
Issue de la stévia (Stevia rebaudiana), une plante sud-américaine, les glycosides de stéviol ont souvent bénéficié de l’appui des opposants à l’aspartame, mettant en avant l’antagonisme «produit naturel/produit chimique». Certaines voix, notamment au Réseau environnement santé (RES), pointent toutefois la faiblesse des études sur la sécurité de ce nouvel édulcorant (voir le JDLE http://www.journaldelenvironnement.net/article/extraits-de-stevia-un-recul-insuffisant-sur-la-securite,25625).
 
Pour la Commission européenne, l’autorisation des glycosides de stévia s’inscrit dans un mouvement plus large, celui du règlement n°1333/2008 sur les additifs alimentaires. Dans la même édition du JOUE, elle édicte deux règlements d’application, l’un sur les additifs destinés aux aliments, l’autre sur les additifs pour les ingrédients alimentaires (autres additifs, enzymes, agents de saveur, nutriments).
 
L’objectif de ces textes est de regrouper sur deux listes l’ensemble de ces additifs, jusque-là dispersés sur plusieurs, dans un but de lisibilité et de «transparence», explique la Commission dans un communiqué. La première liste, celle relative aux additifs alimentaires, entrera en vigueur en juin 2013 à l’adresse https://webgate.ec.europa.eu/sanco_foods/main/?event=display. La seconde sera lancée début décembre.
 
[1] Cette DJA a été fixée à 4 milligrammes par kilogramme de poids corporel et par jour.


Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus