Les eurodéputés proposent de limiter l’usage animal des antibiotiques

Le 02 novembre 2011 par Romain Loury
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Le Parlement européen appelle à renoncer à l’usage prophylactique des antibiotiques dans le secteur de l’élevage, dans une résolution adoptée jeudi 27 octobre.
Ce texte, qui a trait à «la menace que représente la résistance aux antimicrobiens pour la santé publique», fait suite à une précédente résolution du parlement votée en août, qui n’avait trait qu’à la santé animale [JDLE].
La question de l’antibiorésistance se fait de plus en plus pressante: selon un récent rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), le taux de résistance des salmonelles trouvées dans la viande de porc serait compris entre 47% et 60% selon l’antibiotique [JDLE] ! Une menace directe pour la santé humaine.
Dans une nouvelle résolution adoptée à main levée, qui concerne aussi bien l’utilisation humaine qu’animale des antibiotiques, les eurodéputés appellent à une «utilisation responsable» de ces médicaments. A savoir qu’il faut les réserver aux situations où ils sont «réellement indispensables pour le traitement de telle maladie, selon un dosage, des intervalles entre les prises et une durée appropriés».
Ils proposent notamment une «renonciation progressive» à l’usage prophylactique des antibiotiques, c’est-à-dire à ce qu’ils soient utilisés à dose subthérapeutique pour prévenir les maladies. Au lieu de cela, il s’agit de favoriser «une bonne hygiène, un logement et des pratiques d'élevage de qualité, ainsi que des mesures de biosécurité [1] strictes».
«Dans la mesure du possible», les antibiotiques prescrits aux humains ne devraient pas être les mêmes que ceux utilisés pour la santé animale, sans aller jusqu’à «imposer des restrictions sur les options thérapeutiques qui sont efficaces». Quant à l’usage animal d’antibiotiques contre des pathogènes humains, il ne devrait se faire que sur autorisation, «de préférence au cas par cas».
Les eurodéputés proposent enfin d’accroître la recherche sur l’effet sanitaire de l’exposition aux résidus pharmaceutiques se retrouvant dans les cours d’eau, du fait d’une mauvaise élimination.
Dans l’Union européenne, l’usage des antibiotiques comme anabolisants est en revanche interdit depuis 2006. Ce qui n’est toujours pas le cas outre-Atlantique…
[1] La biosécurité se définit par l’ensemble des mesures mises en œuvre afin de prévenir l’infection d’un élevage, telles que le nettoyage et la désinfection, l’isolement des animaux entrants, la gestion des déjections et de l’enlèvement des cadavres, etc.


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