Les eurodéputés opposés à un assouplissement des allégations santé

Le 08 février 2012 par Romain Loury
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Le Parlement européen a rejeté une proposition visant à assouplir l’étiquetage des produits alimentaires, qui aurait permis d’y inscrire des mentions du type «contient X% en moins de», lors d’une résolution approuvée le 2 février en session plénière.
Cette proposition de la Commission européenne avait pour objet de modifier le règlement n°1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires. Elle prévoyait deux nouvelles mentions, à savoir «sans sel ajouté» et «contient X% en moins de (sel, sucres, matières grasses)».
Des allégations «trompeuses» et «ambigües», selon une résolution approuvée par les eurodéputés à 393 voix pour, 161 contre et 21 abstentions. Selon ce texte, cette mesure dérogerait à un principe primordial, à savoir que «l'emploi [d’]allégations n'est autorisé que si l'on peut s'attendre à ce que le consommateur moyen comprenne les effets bénéfiques [qui y sont] exposés».

C’est là que le bât blesse: avec le texte actuel, les seules allégations permises («réduit en [nom du nutriment]» et «allégé/light») ne peuvent être inscrites qu’en cas de réduction d’au moins 10% (pour les micronutriments), de 25% (pour le sodium) ou de 30% (pour les sucres et les graisses). Or, avec la nouvelle mesure, qui permettrait une allégation du type «contient 15% en moins de sucres», le consommateur pourrait à tort croire à des réductions plus importantes.

Cela aurait permis «à l’industrie de promouvoir des changements mineurs de recette, ce qui aurait incité les consommateurs crédules à croire que le produit est devenu significativement meilleur que ce n’est le cas», estime l’European Consumers’ Organisation (BEUC) dans un communiqué.

Une sorte de publicité déguisée, qu’avait déjà dit craindre l’eurodéputée française Michèle Rivasi (Verts): «Dire qu'un produit contient moins de matières grasses, sans préciser par ailleurs qu'il contient beaucoup de sucres ou de sel, embobine le consommateur qui croit acheter un aliment bon pour sa santé».

Représentante de l’industrie agro-alimentaire européenne, l’association FoodDrinkEurope y voit pour sa part «une pilule amère pour les entreprises qui n’ont eu cesse de reformuler volontairement leurs produits, afin de se conformer au goût du consommateur et aux attentes en matière de santé publique».


[1] Environnement, santé publique et sécurité alimentaire.
 



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