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Les étiquettes des produits d’entretien et des désodorisants pas assez précises

Le 19 avril 2011 par Geneviève De Lacour

L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) a publié aujourd’hui 19 avril un rapport(1) sur l’étiquetage, relatif aux émissions de polluants volatils des produits d’entretien et des désodorisants. En conclusion, l’étude souligne «le déficit de données accessibles sur les émissions de substances polluantes par les produits de grande consommation et la nécessité de réaliser des travaux expérimentaux complémentaires».

Même son de cloche côté ministère de l’écologie qui a rédigé un rapport(2) sur la nécessité d’étendre l’étiquetage obligatoire à d’autres catégories de produits de grande consommation. Selon lui, «il existe un déficit d’information des pouvoirs publics ainsi que du consommateur».

L’article 40 de la loi Grenelle I prévoit, à partir de 2012, de soumettre les produits d’ameublement, de construction et de décoration à un étiquetage obligatoire précisant notamment les émissions en polluants volatils. Cet article stipule également que «dans un délai d’un an à compter de la publication de la présente loi, l’Etat publiera une étude sur la nécessité d’étendre ces mesures à d’autres catégories de produits de grande consommation susceptibles de polluer l’air intérieur dans les domiciles ou les lieux publics clos, tels que les produits d’entretien ou ayant pour fonction d’émettre des substances volatiles dans l’air ambiant».

L’étude de l’Ineris, réalisée à la demande du ministère de l’écologie, vient donc compléter un précédent rapport sur le sujet, daté de 2009, en examinant cette fois les produits d’entretien et les désodorisants.
Il faut souligner que l’Ineris ne s’est intéressé dans ce rapport qu’aux expositions aux composés organiques volatils (COV) par inhalation et dans un environnement domestique. L’émission de particules, l’exposition par voie cutanée ou l’exposition des professionnels du nettoyage ne sont pas abordées.
 
«Quelle que soit la catégorie de produits d’entretien et la forme (liquides, sprays, lingettes…), le formaldéhyde et le benzène sont des substances pour lesquelles il est nécessaire d’affiner la connaissance des expositions potentielles. Il apparaît également important d’approfondir les premiers enseignements obtenus sur l’exposition potentielle et la dangerosité à long terme des fragrances sensibilisantes (famille des terpènes: limonène, linanol…) émises par les désodorisants», précise le rapport Ineris.
 
Le ministère signale que la réglementation actuelle impose aux fabricants de désodorisants et de produits d’entretien d’en afficher la composition chimique. «Ces indications sont toutefois peu précises (« moins de 5% », «5% au plus, mais moins de 5%»...), ou bien les substances sont désignées par leur fonction plutôt que par leur nom («agents de blanchiment chlorés»…). De plus, le lien entre composition chimique et émissions dans l’air intérieur n’est pas clairement établi
 
Selon le rapport du ministère, les études publiées par l'UFC-Que choisir en septembre 2008 et janvier 2010 indiquent que les émissions des produits varient beaucoup d'une marque à l'autre, voire au sein d'une même marque, notamment en fonction du parfum du produit. «Des progrès sont donc possibleset un étiquetage par classes, tel que prévu pour les matériaux de construction et de décoration, pourrait être une incitation forte à réduire les émissions.»
 
Mais le développement d’un étiquetage obligatoire nécessite «de s’accorder sur des protocoles de mesure. Ceux actuellement utilisés font tous référence à l’analyse de produits de construction: ils prévoient des tests à quelques jours et à 28 jours. Or ces temps ne correspondent pas aux usages des produits de consommation courante, il faudrait donc que ces protocoles soient retravaillés pour tenir compte des conditions réelles d'utilisation (une durée de test d'une heure environ devrait suffire)».
 
Enfin le ministère émet quelques recommandations: «Pour éviter les biais, d'autres critères devront être pris en compte à terme, comme les émissions de particules. Les désodorisants (spray, bougies et encens) sont en effet fortement émetteurs de particules sur lesquelles des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) peuvent s'adsorber. Une étude a ainsi montré que deux bâtons d'encens émettent environ 30 microgrammes de HAP chacun, soit environ 0,5 μg par minute. Environ 15% des HAP émis étaient classés cancérigènes (soit environ 5 μg par bâton)».
 
En ce qui concerne les équipements électroniques, des tests en chambre d'émission pourraient être menés afin de compléter les données. «En effet, les imprimantes et les photocopieurs émettent également des substances chimiques en quantité non négligeables, comme l'ozone, et des particules», commente le ministère. Ainsi leur étiquetage pourrait aussi devenir obligatoire.
 
 


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