Les Etats-Unis relancent l’atome

Le 10 février 2012 par Stéphanie Senet
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C’est une première depuis 1978. Par quatre voix contre une, la commission de régulation du nucléaire (NRC) a autorisé, le 9 février, la construction de deux nouveaux réacteurs au sein de la centrale de Vogtle (Géorgie) exploitée par la société Southern Nuclear.

Les futurs réacteurs 3 et 4 (modèle Westinghouse AP1000) sont conçus par le groupe japonais Toshiba et sa filiale américaine Westinghouse. Ce modèle de troisième génération, à eau pressurisée, assure une puissance de 1.154 mégawatts. Le constructeur assure que ce type de réacteur résiste aux tremblements de terre et aux crashs d’avion, et qu’il serait moins vulnérable par rapport aux coupures d’électricité.

Ce permis de construire a été accordé malgré l’opposition du président de la commission, Gregory Jaczko. «Je ne peux pas soutenir la délivrance de cette autorisation comme si Fukushima n’avait jamais eu lieu. Or, à mes yeux, c’est ce que nous sommes en train de faire», a-t-il déclaré. Il estime que les progrès en matière de sûreté, recherchés par l’agence depuis la catastrophe de Fukushima, ne sont pas garantis avant le démarrage des réacteurs, prévu en 2016 pour le premier et en 2017 pour le second. Ses collègues de la NRC ont pour leur part rappelé leur confiance dans le processus de contrôle de l’agence pour garantir le respect de la santé publique et de la sûreté.

Les travaux de ce projet, évalué à 14 milliards de dollars (10,5 milliards d’euros), ont déjà démarré, avec le lancement des travaux sur les fondations et les canalisations d’eau (pour un montant de 4 Md$, soit environ 3 Md€).

Pour l’heure, le constructeur assure qu’un réservoir d’eau est situé au-dessus du Westinghouse AP1000, ce qui éviterait, en cas d’urgence, de recourir à des pompes de refroidissement, selon un article du New York Times. Il faut ajouter un nombre de vannes beaucoup moins important que la plupart des réacteurs en service, et la circulation possible de l’air entre l’enceinte en béton et sa paroi extérieure.

Cette construction symbolise la relance du nucléaire aux Etats-Unis. Le dernier feu vert donné par la NRC remontait en effet à 1978. Il s’agissait de construire la centrale de Shearon Harris (Caroline du Nord). Le développement du nucléaire avait ensuite été interrompu, en réaction à la catastrophe de 1979. L’intérieur d’un réacteur avait en effet fondu à l’intérieur de la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie).

Une coalition de groupes anti-nucléaire a d’ores et déjà annoncé qu’elle enclencherait une action contre cette décision de la NRC.

De son côté, le sénateur pro-nucléaire Lamar Alexander presse la Commission de régulation d’approuver 14 autres projets de réacteurs en attente.

Aux Etats-Unis, l’énergie nucléaire -produite par 104 réacteurs- a représenté 20% de l’électricité du pays en 2009. Les centrales au gaz en produisent 23% et le charbon encore 45%. Toutefois, en puissance, c’est le premier producteur d’électricité au monde, loin devant la France.
 



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