Les Etats-Unis, les pieds dans l’eau
Le 16 février 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
La montée des eaux est l’une des plus visibles conséquences des changements climatiques. Ces dernières décennies, le rythme d’élévation du niveau des mers et des océans s’est s’accéléré. Entre 1960 et 1990, rappelle le 4e rapport d’évaluation du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec), le niveau moyen de l’eau a augmenté de 1,8 millimètre par an; un rythme qui est passé à 3,1mm depuis 1993. Et cela ne devrait pas cesser.
Le même rapport estime que le grand bleu pourrait monter de 18 à 59 centimètres durant le siècle. Une hypothèse jugée conservatrice par nombre d’océanographes qui rappellent que les auteurs du Giec n’ont tenu compte «ni des incertitudes liées aux rétroactions entre le climat et le cycle du carbone, ni des effets complets de l’évolution de l’écoulement dans les nappes glaciaires, les valeurs supérieures des fourchettes ne devant pas être considérées comme les limites supérieures de l’élévation du niveau de la mer.»
Raison pour laquelle, de plus en plus de spécialistes, comme les climatologues de l’Institut de recherche sur le climat de Potsdam, estiment possible une montée des eaux d’un mètre d’ici 2100.
Ce qui est considérable, si l’on garde à l’esprit que plus de la moitié de l’Humanité vit à proximité du littoral.
Pour donner du concret à de telles projections, une équipe de l’université de l’Arizona a cartographié précisément les conséquences sur la totalité du littoral états-unien d’une montée des eaux entre 1 et 6 mètres . Prochainement publié dans Climatic Change Letters, l’article de l’équipe dirigée par Jeremy Weiss et Jonathan Overpeck annonce qu’une montée moyenne de 3 mètres noierait plus de 20% de la zone côtière urbanisée. Neuf métropoles (dont Boston et New York) perdraient plus de 10% de leur territoire. Si Atlantique et Pacifique montaient de 6 m , l’Hyperpuissance perdrait un tiers de sa bande côtière.
Les deux chercheurs ont aussi mis en ligne un site permettant de visualiser les effets de la montée des eaux dans toutes les régions du globe. De quoi alimenter les débats sur l’adaptation.
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