Les Etats-Unis, gendarme du monde de la pêche

Le 13 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) n’est pas seulement un centre de recherche. C’est aussi le bras séculier de l’administration Obama, en mer. La Noaa gère, par exemple, la pêche dans les eaux territoriales. Elle a notamment interdit toute sortie de chalutiers dans certaines zones du golfe du Mexique, à la suite du naufrage de la plate-formeDeepwater Horizon.

 

Chaque année, la NOAA présente aussi au Congrès le bilan de ses actions en faveur de la lutte contre la pêche illégale. A cette occasion, elle dénonce publiquement les pays dont les navires bafouent le droit, en pêchant sans autorisation dans des zones interdites, ou encore en utilisant des matériels prohibés. Et il n’est pas bon d’être ainsi sur son écran radar. Dès que les infractions sont constatées et les bateaux identifiés par les services du ministère américain du commerce, des discussions sont engagées avec les autorités du pays d’immatriculation desdits bateaux.

 

Si, à la suite de ces tractations, des sanctions sont appliquées aux pirates de la mer, Washington se borne à publier un satisfecit. En cas contraire, la NOAAprend des mesures de représailles : interdiction pour les navires des pays visés de mouiller dans des ports américains, fermetures des barrières douanières. De quoi faire réfléchir…

 

Publié mercredi 12 janvier, le dernier rapport du garde pêche mondial pointe du doigt la Colombie, l’Equateur, l’Italie, le Panama, le Portugal et le Venezuela, dont des chalutiers ont été pris en flagrant délit de fraude, entre 2009 et 2010.

 

L’an passé, les « pirates » étaient la Chine, la France, l’Italie, la Libye, le Panama et la Tunisie. Six pays qui, indique la NOAA, ont pris des mesures à l’égard des pêcheurs impliqués. La France avait été montrée du doigt pour avoir laissé, entre 2007 et 2008, 81 thoniers, battant pavillon tricolore, pêcher le thon rouge en utilisant des filets dérivants : une pratique interdite par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Iccat, selon l’acronyme anglais).

 

Ironie du sort : au moment où était publié le rapport de la NOAA, la commissaire européenne aux affaires maritimes et à la pêche intervenait à Londres dans un colloque sur la pêche illégale. Dans son discours, Maria Damanaki a reconnu qu’en la matière, « l’Union européenne n’avait pas toujours été une sainte ». Selon la commissaire grecque, directement (subventions) ou indirectement (importations), la pêche illégale a pourvu à près de 16 % de la consommation communautaire de produits de la mer. « Dans les années passées, nous avons importé annuellement pour 1,1 milliard d’euros de poissons pêchés illégalement », a-t-elle reconnu.

 

L’ancienne parlementaire a ensuite dressé un premier bilan de la réforme de la législation européenne de la pêche. En un an, 14 refus d’importation de produits de la mer illégaux ont été notifiés à la Commission, 228 inspections de pays-tiers ont été effectuées par les autorités espagnoles, danoises, portugaises et britanniques. Près de 5.000 inspections de navires européens ont été menées, donnant lieu à la constatation de 240 infractions. Bruxelles, a-t-elle indiqué, a également banni l’importation de produits de la pêche en provenance de pays accordant des pavillons de complaisance et ne respectant pas les règles de pêche responsables.

 

Pour finir, Maria Damanaki a plaidé pour l’établissement d’un système mondial de certification des produits de la mer. L ’ancienne prisonnière des Colonels a également annoncé que la gestion des stocks communautaires serait assurée, collégialement, par les Etats membres riverains d’une zone spécifique et non plus par Bruxelles.



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