Les Etats-Unis en retard par rapport à leurs objectifs climatiques

Le 13 septembre 2018 par Stéphanie Senet, envoyée spéciale
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Dans la brume, la politique climatique américaine.
Dans la brume, la politique climatique américaine.
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Au rythme actuel, les Etats-Unis n’atteindront pas leur objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixé dans le cadre de l’Accord de Paris. Celles-ci ne devraient fléchir que de 17% entre 2005 et 2025, alors que la présidence Obama s’était engagée à les baisser de 26 à 28%.

Très attendus, ces chiffres proviennent du rapport d’évaluation publié le 12 septembre par la coalition America’s Pledge, créée par le gouverneur de Californie Jerry Brown et l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, en réaction à la sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris, annoncée en juin 2017 par le président Trump. Cette coalition regroupe aujourd’hui plus de 3.000 villes, régions, Etats et entreprises, représentant 53% de la population américaine et 37% des émissions nationales.

Un écho particulier

Diffusée à l’ouverture du sommet climatique mondial des villes et des entreprises (Global Climate Action Summit) de San Francisco, l’estimation a été réalisée conjointement par plusieurs organisations, dont l’université du Maryland, le World Resources Institute (WRI) et le Rocky Mountain Institute (RMI). Elle est rendue publique alors que des événements climatiques exceptionnels se multiplient au niveau mondial, de la canicule estivale en Europe à l’ouragan Florence attendu jeudi sur la côte est des Etats-Unis.

Le pouvoir des élus locaux et des entreprises

«Les émissions américaines régresseront de 17% en 2025 à condition que tous les engagements pris soient concrétisés», a précisé Paul Bodnar, du Rocky Mountain Institute, lors d’une conférence de presse. «Pour régler les problèmes liés au changement climatique, nous devons les comprendre le plus précisément possible», a complété Carl Pope, vice-président d’America’s Pledge. «Nous savons d’ores et déjà que les gouvernements locaux et les entreprises ont le pouvoir de réduire la durée nécessaire à toute transition d’envergure. Ainsi, l’électricité d’origine photovoltaïque a entamé sa révolution en 2009 grâce à la chute des coûts et cela malgré l’échec de l’accord de Copenhague. Ce déclin des prix est plus efficace pour l’essor des énergies renouvelables que n’importe quelle réglementation fédérale», observe-t-il. Des coûts qui sont passés de 7,5 $/W en 2009 aux Etats-Unis à moins de 3 $/W en 2014.

Esquisse d’une stratégie plus ambitieuse

Le nouveau rapport d’America’s Pledge va plus loin. Il montre en effet comment gagner quatre points supplémentaires dans la lutte contre le changement climatique, en réduisant de 21% les émissions américaines de GES en 2025 au lieu des 17% attendus.

«Nous avons mis au point une stratégie climatique qui repose sur 10 solutions concrètes qu’il est tout à fait possible de lancer immédiatement», explique Paul Bodnar du RMI. Cette feuille de route américaine s’appuie sur le doublement des objectifs en faveur des énergies renouvelables à l’horizon 2025, l’accélération de la sortie du charbon, de l’efficacité énergétiques des bâtiments, de l’essor des véhicules électriques, de la disparition des hydrofluorocarbures (HFC), de l’arrêt des fuites de méthane des puits de pétrole et de gaz, de la baisse des émissions de méthane dans les villes, du développement de la séquestration naturelle du carbone dans les sols et de l’essor des marchés du carbone.

A côté des villes et des Etats écolos

L’heure n’est plus à trouver des solutions mais à les activer au plus vite. «Si tous les acteurs non-fédéraux, et pas seulement les villes et les Etats écolos américains, intensifiaient cette dynamique, nous pourrions nous rapprocher beaucoup plus vite de l’objectif de l’Accord de Paris», conclut la californienne Mary Nichols, vice-présidente d’America’s Pledge. C’est tout l’objectif de ce  sommet mondial, le premier du genre aux Etats-Unis: mobiliser le plus grand nombre d’acteurs non étatiques.

Europe versus USA. En prenant les années de référence de l’engagement américain, l’Union européenne a déjà réduit de 21% ses émissions depuis 2005 et devrait les fléchir de 28% en 2025, selon le Climate Action Tracker.


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