Les Etats-Unis continuent de démolir leurs barrages

Le 20 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Samedi 17 septembre, de nombreux quidams assistaient à un bien étrange spectacle sur les bords de la rivière Elwha. Un bulldozer commençait à détruire des structures en béton du barrage hydroélectrique de l’Elwha, dans le nord-ouest de l’Etat de Washington.
 
Accusant presque son siècle de bons et loyaux services, cet ouvrage n’est pas une maquette. Haut de 33 mètres, ce barrage produisait, avec son homologue du Glines Canyon (deux fois plus haut), une bonne partie de l’électricité consommée par Port Angeles. Un bienfait terni par l’étourderie de ses constructeurs.
 
Lors de leur construction, au début du XXe siècle, aucun ingénieur ne pense à équiper les deux installations de passes ou d’ascenseurs à poissons. Un drame: car l’Elwha regorge de saumons, dont se nourrissent des tribus indiennes locales.
 
Après des décennies de batailles juridiques, leurs avocats finissent pas obtenir gain de cause. A la fin des années 1990, l’Etat fédéral rachète les barrages, s’engage à les détruire et à restaurer l’état écologique de la rivière.
 
Ce ne sera pas une partie de plaisir. Faire «proprement» sauter les deux barrages prendra entre deux et trois ans, estiment les experts. Les biologistes préconisent une lente réouverture des passes. Car, en amont des barrages, se sont accumulés 24 millions de mètres cubes de sédiments. Soudainement entraînées par les eaux redevenues libres, ces boues tueraient toute vie aquatique en aval. Il faudra donc maîtriser le débit, quelques années durant, afin que les flots diluent progressivement la charge de sédiment.
 
Ensuite, espèrent les scientifiques, les saumons pourront de nouveau remonter le cours et frayer à une centaine de kilomètres en amont du site des deux barrages.
 
Si l’opération de l’Elwha est importante, elle ne constitue pas une première. Depuis 2006, rappelle The Los Angeles Times, 235 barrages ont ainsi été escamotés sur les rivières américaines.
 
Cette pratique pourrait d’ailleurs prospérer. Car bon nombre des 80.000 barrages américains souffrent de ne pas avoir été correctement entretenus. Et, en période de crise, quelques bâtons de dynamite s’avèrent plus économiques qu’une remise à niveau d’une centrale hydroélectrique.
 


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