Les Etats creusent la dette climatique

Le 27 novembre 2018
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Une cinquantaine de pays prévoient de stabiliser leurs émissions prochainement.
Une cinquantaine de pays prévoient de stabiliser leurs émissions prochainement.
ONU Environment

 

L’ONU Environnement rappelle que les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont repris leur progression. Réduisant singulièrement nos chances de stabiliser le réchauffement aux niveaux fixés par l’Accord de Paris.

Paradoxe. Alors que la communauté internationale doit fixer, lors de la COP 24, les règles du jeu de l’Accord de Paris, les efforts à produire pour stabiliser le réchauffement à 2°C, voire 1,5°C, se révèlent de plus en plus importants. C’est le sens du rapport ‘Sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions’, que publie, ce mardi 27 novembre, l’ONU Environnement (ex Pnue).

Pour sa 9e édition, l’étude annuelle se rend à une évidence maintes fois décrite: après trois ans de stabilisation, entre 2014 et 2016, les émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES) sont reparties à la hausse en 2017. Cette année-là, l’Humanité a rejeté 53,5 milliards de tonnes de GES. Ce piètre record pourrait être égalé, voire battu en 2018.

gros efforts

Cette inflation carbonée ne facilite pas, loin s’en faut, l’atteinte des objectifs fixés par l’Accord de Paris. Pour avoir de bonnes chances de nous placer sur une trajectoire limitant la hausse du mercure à 2°C, nous devons réduire nos rejets d’une quinzaine de Mdt GES par an d’ici à 2030. C’est encore pire, si nous tentons de nous limiter à 1,5°C de réchauffement. En ce cas, il nous faudra abattre d’une trentaine de Mdt/an nos rejets de GES, toujours à l’horizon de 2030. On peut toujours y croire.

+ 3°C sans rien faire

En raison de l’augmentation des émissions et du retard qu’accuse la prise de mesures appropriées, l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions est plus important que jamais. Dit autrement, la stabilisation du réchauffement passe par un triplement de l’effort international de maîtrise des émissions de GES pour être 2°C compatible. Il faudra quintupler l’ampleur de l’effort pour espérer stabiliser le réchauffement à 1,5°C. Ne rien changer à nos habitudes nous mène tout droit à un élévation de 3°C de la température moyenne globale d’ici la fin du siècle.

les preuves sont claires

«Si le rapport du Giec[1] était l’alarme incendie du monde, ce rapport constituerait l’enquête sur l’incendie criminel, déclare la directrice exécutive de l’ONU Environnement, Joyce Msuya. Les preuves scientifiques sont claires: bien que nous ayons été témoins d’une action climatique ambitieuse, les gouvernements doivent agir plus rapidement et avec un plus grand sentiment d’urgence. Nous alimentons le feu alors que les moyens de l’éteindre sont à notre portée.»

bienfaits de la fiscalité du carbone

Même si, sur le papier, bien des solutions existent. A commencer par la… fiscalité écologique, chère aux gouvernants français et à leurs opposants tout de jaune vêtus. «Si toutes les subventions aux combustibles fossiles étaient supprimées, les émissions mondiales de carbone pourraient être réduites de plus de 10% d’ici 2030. Il est également essentiel de fixer un prix du carbone adéquat. A un coût de 70 dollars par tonne de CO2, il est possible, dans certains pays, d’atteindre des réductions d’émissions de 40%», conclut Jian Liu, directeur scientifique de l’ONU Environnement.



[1] Giec: groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

 



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