Les espaces artificialisés s’étendent

Le 16 avril 2009 par Sonia Pignet
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Corine
Corine

La troisième version française de Corine Land Cover, l’outil européen de suivi de l’occupation des sols, a été présentée, mardi 14 avril, par le Commissariat général au développement durable. Elle fait état d’une poursuite de l’artificialisation des sols, mais à un rythme plus lent que sur la période 1990-2000.

Au premier coup d’œil, une carte réalisée avec Corine Land Cover ressemble à une toile impressionniste. Il faut dire que cet outil n’utilise pas moins de 44 couleurs pour dépeindre un territoire, pixellisé en polygones de taille supérieure ou égale à 25 hectares. A chaque teinte correspond une nature d’occupation des sols. Territoires artificialisés (zones industrielles et commerciales, aéroports, chantiers, espaces verts urbains, etc.) ou agricoles (terres arables, cultures permanentes, etc.), forêts et milieux semi-naturels (de la forêt de feuillis aux glaciers et neige éternelle), zones humides et surfaces en eau sont ainsi scrupuleusement détaillés.

Corine (pour Coordination de l’information environnementale) Land Cover (CLC) est un programme européen piloté par l’AEE (l’Agence européenne pour l’environnement), qui regroupe les bases nationales d’occupation des sols. Aujourd’hui, 38 pays participent à ce programme (contre 26 lors de la première version des cartes en 1990) et cette nomenclature à 44 postes est devenue un standard. Elle privilégie l’occupation biophysique des sols à leur utilisation, c’est-à-dire la nature des objets présents plutôt que l’utilisation socio-économique du territoire, et se décompose en deux bases de données. L’une, dite base complète, dresse un état des lieux à l’instant « t », et l’autre, dite base de changement, ne caractérise que les territoires en mutation. Pour cette seconde, les données sont plus précises, puisque le seuil surfacique minimal n’est plus de 25 mais de 5 hectares.

Dans le cas de la France, c’est le Service de l’observation et des statistiques (SOeS, ex-Ifen) du Commissariat général au développement durable (du Meeddat) qui chapeaute la collecte des données. Six mois de travail de photo interprétation d’images satellites réalisé par 12 agents pour un coût de 100.000 euros ont permis de présenter cette semaine la troisième version de cette base, dite CLC 2006 (les deux premières avaient été réalisées en 1990 et 2000).

Principal constat : «entre 2000 et 2006, on constate une progression de l’artificialisation des territoires, principalement aux dépens des terres agricoles», a indiqué Michèle Pappalardo, commissaire générale au développement durable. «Mais cette progression est à un rythme ralenti par rapport à la période 1990-2000». L’artificialisation est due essentiellement (à 90%) à l’apparition de nouvelles zones industrielles et commerciales, d’un tissu urbain discontinu (espaces structurés par des bâtiments) et de grandes infrastructures de transport (par exemple l’A89 entre Clermont-Ferrand et Bordeaux). Si seulement 0.7% du territoire a changé d’occupation par rapport à 2000, ce sont surtout les terres arables et les prairies qui sont concernées. La surface occupée par ces dernières a en effet diminué de 37km2/an entre 2006 et 2006 (contre 71km2/ an entre 1990 et 2000). En 2006, CLC montre une occupation des sols français (hors TOM) répartie comme ceci : 60% de terres agricoles, 34% de forêts et espaces semi-naturels, 5% de sols artificialisés, 0.7% de surfaces en eau et 0.3% de zones humides.

Il y a plusieurs conséquences à l’artificialisation des sols. En provoquant une augmentation de l’imperméabilisation des sols, elle conduit à un accroissement du risque d’inondation. De plus, «en fragmentant ou en cloisonnant les milieux naturels, elle transforme l’habitat naturel de certaines espèces. Cela modifie leur cycle de vie et pourrait limiter leur adaptation aux changements climatiques en les privant de la possibilité de déplacer leurs aires de répartition», analyse Dorothée Pageaud, chargée de mission au SOeS.

«Cette base de données est destinée à la définition des politiques publiques globales», a expliqué Michèle Pappalardo. Elle a, par exemple, été transmise au comité de travail sur les trames vertes et bleues, pour leur permettre d’évaluer les zones d’espaces naturels récemment perdues. Libre d’accès, elle permet aussi aux collectivités locales d’avoir un indicateur de consommation de l’espace sur leur territoire. «Il faut croiser cet outil avec d’autres. Par exemple avec des problématiques de démographie», suggère Michèle Pappalardo. Pour l’instant réalisé pour la France métropolitaine et la Corse, le programme CLC pourrait être étendu à l’Outre-mer dans les années à venir.


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