Les escargots ampullaires menacent les rivières d’Europe

Le 05 mai 2014 par Romain Loury
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Un air lent, mais conquérant
Un air lent, mais conquérant
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Déjà bien présents dans le delta de l’Ebre en Espagne, les escargots ampullaires, espèces invasives originaires d’Amérique du Sud, constituent une menace importante pour les zones humides du sud de l’Europe, selon un rapport publié mercredi 30 avril par l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

 

Jadis prisés par les aquariophiles, ces escargots du genre Pomacea, dont il existe plusieurs espèces, sont interdits depuis novembre 2012 dans l’Union européenne, aussi bien en ce qui concerne leur introduction que leur propagation. La bestiole, qui vit en eaux douces, a en effet colonisé en 2010 le delta de l’Ebre, où son appétit vorace pour les plantes d’eau douce entraîne des ravages dans les rizières.

Or malgré tous les efforts pour l’anéantir, notamment en inondant les rizières avec de l’eau salée, ces escargots, dont la coquille mesure environ 1,5 centimètre pour l’espèce «maculata», semblent poursuivre leur route dans le delta de l’Ebre. De quoi faire craindre un appauvrissement de la faune et de la flore, et ce dans tout le sud de l’Europe, craint l’Efsa dans son rapport.

Selon les projections de l’autorité, l’espèce a le potentiel d’envahir non seulement les zones humides d’eau douce du reste de l’Espagne, mais aussi celles du sud de la France, de la grande majorité de l’Italie et de la Grèce, ainsi que celles des Balkans jusqu’au Danube.

Danger pour les poissons et les oiseaux de proie

Utilisant pour la première fois une nouvelle méthode d’évaluation des risques environnementaux associés aux organismes pathogènes des végétaux, l’Efsa qualifie le risque global pour la diversité de «massif à court terme [5 ans] et de majeur à long terme [30 ans]» [1].

Les escargots ampullaires pourraient entraîner «de graves conséquences sur la survie de poissons comme la carpe, le brochet et la tanche, qui se nourrissent de macrophytes [plantes aquatiques visibles à l’œil nu] et des micro-invertébrés qu’ils abritent, ainsi que d’oiseaux de proie comme le martin-pêcheur et le balbuzard pêcheur», ajoute l’Efsa.

Selon elle, il existe également un risque, «majeur à la fois à court terme et à long terme», pour les «services écosystémiques», ces bénéfices que l’homme tire de son environnement. Notamment en matière de recyclage des éléments nutritifs et de photosynthèse, ainsi que de contrôle de l’érosion. Mais aussi pour l’alimentation humaine: l’escargot pourrait en effet poser à long terme un risque «majeur» dans ce domaine. A moins qu’il ne soit lui-même comestible, ce que l’Efsa ne dit pas.

[1] Dans le jargon de l’Efsa, le terme «massif» est plus fort que celui de «majeur». «Dans certains cas, la menace à long terme est plus faible qu’à court terme car on prévoit qu’au fil du temps, des macrophytes que les escargots du genre Pomacea n’apprécient pas apparaîtront, ainsi que des prédateurs naturels», explique l’autorité.



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