Les éoliennes pourraient attirer les chauves-souris

Le 07 novembre 2016 par Romain Loury
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Un appeau à chauves-souris?
Un appeau à chauves-souris?
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Les chauves-souris sont plus vulnérables aux éoliennes que ne l’avancent les évaluations d’impact environnemental menées avant leur implantation. C’est ce que révèle une étude britannique publiée dans la revue Current Biology, qui suggère même que les chiroptères seraient attirés vers les pales.

Ce qui est bon pour le climat peut l’être un peu moins pour la biodiversité: exemple, les éoliennes, souvent fatales aux animaux volants, dont les oiseaux et les chauves-souris. Si tout projet nécessite une évaluation d’impact environnementale, ces études s’avèrent rarement fiables quant au risque réel enduré par ces espèces.

Menée par l’équipe de Fiona Mathews, biologiste à l’université d’Exeter, une étude portant sur 46 fermes éoliennes britanniques montre que les études d’impact sous-estiment grandement le risque. Les chercheurs ont comparé ces rapports avec le nombre de chauves-souris retrouvées mortes au pied des éoliennes, dénichées à l’aide de chiens renifleurs.

Sur les 29 études d’impact auxquelles ils ont eu accès, 18 n’avaient pas évalué la présence de chauves-souris, tandis que les 11 autres avaient mesuré leurs émissions nocturnes d’ultrasons. Dans certains cas, des mesures d’atténuation ont été prises, par exemple le déplacement du projet vers un site jugé moins à risque.

Jusqu’à 64 morts par mois

Or la perception du risque, telle qu’elle émane des rapports, est sans aucun rapport avec le nombre de cadavres retrouvés une fois les éoliennes mises en place. Entre juillet et octobre, les chercheurs ont observé des moyennes allant de 1 à 64 cadavres par mois et par site. Quasiment tous (97%) présentaient des signes de présence nocturne de chiroptères.

Comment expliquer de tels écarts entre la perception du risque et sa réalité? Primo par le fait que les études sont peut-être mal menées: l’activité des chauves-souris est très variable, dans le temps et dans l’espace. De plus, les mesures d’ultrasons sont toujours prises du sol, ce qui pourrait grandement sous-estimer la présence réelle de ces mammifères.

Un piège attractif?

Secundo, il est possible que les éoliennes attirent les chauves-souris, soit parce que leurs proies, des insectes volants, y sont plus nombreux, soit parce que la rotation des pales émet elle-même des ultrasons, ce qui pourrait brouiller le système de guidage des chiroptères.

Selon les chercheurs, il s’avère important de tester cette dernière possibilité, selon laquelle les éoliennes fonctionneraient comme un appeau à chauves-souris. Avant cela, il pourrait être judicieux de réduire la vitesse des pales lorsque les chiroptères sont les plus actifs, à savoir la nuit en été et au début de l’automne, une approche que les chercheurs sont en train de tester.



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