Les éoliennes plus productives que prévu

Le 21 février 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un bon quart de siècle de production devant elle.
Un bon quart de siècle de production devant elle.
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Deux chercheurs britanniques l’affirment: les turbines produisent plus longtemps que prévu. Ce qui devrait rassurer les investisseurs et énerver les anti-éolien.

Si l’allongement de la durée de vie des centrales n’est pas acquis, la durée de vie des éoliennes semble, elle, plus longue que prévu. Peu d’études ont été consacrées à ce sujet. Le ministère français de l’écologie estime à 20 ans le temps durant laquelle une turbine produira.

 

15, 20, 25 ans

Ce qui ne correspond pas forcément à la réalité. «Certains exploitants les amortissent sur 20 ans, d’autres sur 25, c’est très variable», confirme Frédéric Lanoë, président de France Energie éolienne (FEE).

Les anti-éolien, quant à eux, contestent résolument ces chiffres. En 2012, la Renewable Energy Foundation (NEF) estimait, dans un rapport controversé, que le facteur de charge des parcs éoliens britanniques diminuait de 5% à 13% par an. Conclusion du lobby anti-éolien: au-delà de 15 ans, les turbines ne produisent plus suffisamment. CQFD.

Deux chercheurs de l’Imperial College de Londres se sont penchés sur cette question qui n’a rien d’anecdotique: plus l’exploitation est longue, plus l’installation est a priori rentable.

 

Des statistiques, ferme par ferme

Iain Staffel et Richard Green se sont donc attelés à une tâche colossale: évaluer l’évolution des performances du parc éolien britannique. Pour ce faire, les deux chercheurs ont dépouillé les statistiques de 10 années de production publiées, chaque mois, par les exploitants de 282 fermes terrestres.

Représentant une capacité installée de 4,5 gigawatts, ces installations abritent aussi bien des aérogénérateurs de première génération que des éoliennes dernier cri.

Nos chercheurs ont comparé les données de production aux vitesses de vent évaluées par la Nasa, jour par jour pendant ces 10 années, sur chacun des 282 sites. Un travail de Romain.

Publiés par la revue Renewable Energy, leurs résultats devraient intéresser au-delà du Landerneau éolien. Tout d’abord, le facteur de charge moyen des moulins de Sa majesté est plutôt bon: 26,3%. Soit 3% de mieux qu’en France!

A mesure qu’elles vieillissent les turbines produisent moins. Mais le déclin de leur production est bien moindre qu’avancé par la NEF: autour de -1,6% par an. Résultat: des machines, vieilles de 19 ans, ont vu passer leur facteur de charge de 28,5% à leur démarrage, à 21% aujourd’hui.

 

Les vents soufflent moins fort

Certes, soulignent les deux économistes, la production moyenne annuelle aura diminué de 12% dans le même temps. Ce qui est, finalement, assez proche de l’évolution des performances d’une turbine à gaz, ajoutent-ils.

Autre façon de voir les choses: les turbines britanniques pourront être rentablement exploitées un bon quart de siècle avant de devoir être remplacées. «Notre étude montre que les énergies renouvelables sont un investissement durable», conclut d’ailleurs Richard Green.

Dernière petite surprise: grâce aux données précises fournies par la Nasa, les deux auteurs ont observé une diminution de 0,23 mètre/seconde par décennie de la vitesse moyenne du vent soufflant sur les îles britanniques. Insignifiant au plan statistique.

 



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