Les éoliennes modifient le microclimat local

Le 28 avril 2016 par Romain Loury
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Un effet plus marqué de nuit
Un effet plus marqué de nuit

Certes, les éoliennes constituent l’une des solutions pour décarboner notre production d’énergie. Pourtant, une étude publiée dans la revue Environmental Research Letters révèle qu’elles pourraient modifier le microclimat local, avec des conséquences inconnues sur le carbone présent dans le sol.

L’éolien est l’énergie renouvelable qui connaît la plus forte progression, avec une hausse d’environ 10% de sa capacité de production entre 2014 et 2015 au niveau mondial. Champion mondial, la Chine, qui, avec 124 gigawatts, produit plus d’électricité éolienne que les Etats-Unis et l’Allemagne réunis.

Si cette explosion de l’éolien constitue un espoir dans la lutte contre le réchauffement climatique, elle pourrait entraîner quelques dégâts collatéraux sur l’environnement. Notamment sur l’abondance d’oiseaux et de chauve-souris, happés par ses pâles, mais pas seulement: en brassant les couches d’air, les éoliennes pourraient modifier la température et l’humidité au niveau du sol, de manière très locale.

Alona Armstrong, de l’université de Glasgow (Royaume-Uni), et ses collègues ont étudié le parc éolien de Black Law en Ecosse, qui compte 54 turbines sur une surface de 18,6 km2 pour une production de 124 mégawatts. Ils y ont mesuré la température en divers points (2 mètres, surface, sol à 10 cm de profondeur), ainsi que l’humidité de l’air, comparant les périodes où les éoliennes fonctionnaient ou non.

Hausse de température nocturne

Significatif jusqu’à 200 mètres de la turbine, l’effet est plus marqué pendant la nuit, allant jusqu’à une hausse de 0,25°C de la température de l’air, et une augmentation d’humidité de 0,1 g/m3. En journée, les chercheurs ont au contraire assisté à un très léger rafraichissement, au maximum de 0,05°C, mais sans effet sur l’humidité. La variabilité de température diurne est plus forte lorsque les éoliennes sont en marche.

En l’état, les chercheurs ne sont pas parvenus à déterminer si ces écarts microclimatiques pouvaient avoir des effets sur le cycle du carbone. Notamment sur son relargage par le sol, qui pourrait constituer un à-côté contreproductif en matière de GES, probablement très local. Tout pourrait dépendre du type de sol où sont implantées les éoliennes: à Black Law, il s’agit de tourbières, dont l’activité biogéochimique est très sensible à la température.



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