Les éoliennes marines, moins dangereuses pour les oiseaux que prévu

Le 19 avril 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Radars, caméras thermiques ont été déployées pour surveiller les oiseaux.
Radars, caméras thermiques ont été déployées pour surveiller les oiseaux.
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Une étude menée in situ pendant trois ans souligne l’incroyable capacité d’évitement des pales par les oiseaux marins.

 

Enfin, une bonne nouvelle pour l’éolien en mer. Certes, le dossier ne progresse toujours pas sur ces rives-ci de la Manche ou de l’Atlantique, mais le ciel s’éclaircit pour les opérateurs dont les champs sont déjà en activité. A terre, comme en mer, on reproche aux turbines de constituer une menace sérieuse pour l’avifaune.

En 2015, l’équipe de Keith Hamer, biologiste à l’université de Leeds (Royaume-Uni), a ainsi montré que les fous de Bassan (Morus bassanus) volaient à une altitude plus élevée qu’on ne croyait jusqu’alors, les rendant plus vulnérables aux pales des aérogénérateurs. Sauf que ces grands oiseaux marins savent aussi éviter les pièges que constituent les champs d’éoliennes géantes. C’est ce que semble démontrer une importante étude britannique, dont les résultats viennent d’être publiés.

Thanet en chiffres. Situé à une quinzaine de kilomètres du sud-est de l’Angleterre, Thanet abrite 100 éoliennes de 3 mégawatts (MW) unitaire, dont les rotors affichent un diamètre de 90 mètres. Exploité par Vattenfall, le champ s’étend sur 35 kilomètres carrés.

Lancée en 2014, la Bird Collision Avoidance Study (BCAS) a cherché à savoir, in situ, quels sont les véritables comportements des oiseaux de mer mis en présence d’éoliennes. Pour ce faire, des chercheurs, mandatés par l’Offshore Renewables Joint Industry Programme (l’alliance des industriels des énergies renouvelables marines), ont installé sur les éoliennes du champ de Thanet une batterie de radars aviaires et de caméras (diurnes et nocturnes) pour mesurer les impacts réels des machines sur l’avifaune.

24 heures sur 24, 7 jours sur 7

Des ornithologues ont également effectué de longues séries d’observations directes depuis les hélistations de la ferme éolienne. Trois années durant, les oiseaux ont été scrutés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 par des systèmes de détection complémentaires. Très coûteuse, cette démarche est une première: habituellement, les études d’impact sur l’avifaune se font souvent depuis la côte, réduisant d’autant la précision des observations.

Après l’examen de 600.000 vidéos (nocturnes et diurnes), les chercheurs indiquent n’avoir assisté qu’à 6 collisions, toutes diurnes, entre des oiseaux de mer et les pales de turbines: une tous les 4 mois. C’est deux fois moins que l’estimation avancée généralement par les associations britanniques de défense des oiseaux.

prudence et agilité

Fous, goélands, mouettes et autres plongeons pullulent pourtant autour des turbines exploitées par l’énergéticien suédo-allemand Vattenfall. Mais ils semblent dotés d’une grande capacité d’évitement des machines. Une prudence et une agilité qui pourraient s’estomper à l’approche d’un chalutier de retour de la pêche.

Si les industriels se félicitent des résultats de cette étude hors normes, les ornithologues restent circonspects. Interrogé par The Scotsman, l’un des ornithologues de la branche écossaise de la Royal Society for Bird Protection souligne la quantité inédite de données recueillies lors de la BCAS, mais ne souscrit pas à ses résultats: «Les résultats sont intéressants mais nous pensons qu’ils sont interprétés de façon très optimistes.»



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