Les envahisseurs nippons des côtes californiennes

Le 11 juin 2012 par Geneviève De Lacour
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Un ponton japonais échoué sur la plage d'Agate, Orégon
Un ponton japonais échoué sur la plage d'Agate, Orégon

Les scientifiques américains s’inquiètent des derniers arrivages de débris provenant de Fukushima. Parmi les débris du tsunami se cachent en effet des algues, des crabes et d’autres organismes marins. Et loin de leur milieu d’origine, ces espèces sont de véritables envahisseurs.

Une catastrophe naturelle comme le tsunami japonais de 2011 ouvre en fait un énorme boulevard pour les espèces invasives sur les côtes Pacifique des Etats-Unis.

L’invasion d’espèces exotiques n’est pas un phénomène nouveau. Au XIXe siècle déjà, les premières huitres provenant de la côte Est sont arrivées à San Francisco par voie ferrée, cachées sous des algues et dans la boue. Actuellement, la baie de San Francisco abriterait plus de 500 espèces invasives, beaucoup provenant d’Asie, des végétaux mais aussi des animaux présents dans l’eau des ballasts des navires.

Une étude datant de 2004 publiée dans la revue scientifique Ecological economics estimait à 400 le nombre des espèces, aux Etats-Unis, menacées d’extinction sous la pression des espèces invasives.

Les biologistes américains estiment qu’il est encore trop tôt pour connaitre le nombre d’envahisseurs transportés par les débris du tsunami. Un ponton provenant d’un port japonais s’est échoué récemment sur les côtes californiennes. Il était couvert d’une tonne et demi d’algues, moules, balanes et même quelques étoiles de mer. Des volontaires ont gratté le ponton, ont stérilisé le dessus et les côtés à l’aide d’une torchère et l’ont enterré.

Mais impossible de savoir si les envahisseurs nippons ont réussi à propager spores et larves dans les eaux du littoral Pacifique alors que le ponton flottait le long de la côte.

A noter que plus les débris sont gros et plus les chances d’abriter des espèces invasives sont élevées.

Savoir si ces espèces survivent dans leur nouvel environnement est une question de hasard. Tout dépend du milieu dans lequel ils échouent. S’il est similaire à leur habitat d’origine, les chances de survie et de reproduction sont plus importantes.

«La seule manière de se protéger contre ces espèces invasives, c’est la détection rapide. Comme le cancer en fait!», explique Mandya Lindeberg, du laboratoire des pêches de l’agence fédérale océanographique (Noaa) à Juneau, Alaska.

En revanche, alors que la surveillance des côtes est relativement peu coûteuse, l’éradication d’une espèce invasive peut s’avérer très chère. Il aura fallu 7 millions de dollars (5,6 millions d’euros) pour se débarrasser d’une algue en Californie, explique la biologiste américaine.

 



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