Les entreprises ne vont pas encore au carbone

Le 10 novembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Malgré l’actualité scientifique intense et le renforcement annoncé des contraintes réglementaires, les entreprises peinent encore à intégrer la dimension « climat » dans leurs pratiques et leurs stratégies. C’est l’une des principales conclusions que l’on peut tirer de la lecture de l’étude annuelle Carbon Disclosure Project (CDP).

Réalisé cette année par le cabinet Deloitte, le CDP consiste à sonder les dirigeants d’entreprises du monde entier (les plus grandes, en général) sur leurs politiques climatiques : ont-ils réalisé un audit carbone de l’entreprise ? Mettent-ils en œuvre des actions de réduction d’émission ?

Publié ce mercredi 10 novembre, le rapport n’est pas des plus réjouissants. Dans bon nombre de régions du monde, le climat n’est pas une question digne d’intérêt pour les entrepreneurs. En Chine, par exemple, 11 % des patrons sondés ont répondu au questionnaire du CDP, soit plus qu’en Russie (8 %), autant que dans les pays d’Europe centrale et orientale (12 %) mais beaucoup moins qu’en Inde 21 %.

Les Français ne donnent pas l’exemple non plus : 31 % seulement des responsables d’entreprises cotées au SBF 250 s’expriment sur le sujet, contre 70 % de leurs homologues américains du S&P 500, 51 % des Britanniques, 66 % des Néerlandais, 72 % des Brésiliens et 74 % des Sud-Africains.

La piètre performance tricolore a de quoi surprendre, tant le débat « carbonique » a mobilisé les consciences, ces derniers mois : retombées du paquet Energie-climat européen, projet avorté de contribution Climat-énergie, nouvelles obligations de reporting imposées par la loi Grenelle II…

Premier élément de réponse : Deloitte, contrairement aux 5 années passées, a sollicité les entreprises du SBF 250 et non plus celles du SBF 120. Dans ce panel, on trouve davantage de grosses entreprises « moyennes » qui « au-delà d’un possible déficit de moyens pour répondre à l’enquête, [ont] une moins grande sensibilité à la problématique du changement climatique et à ses implications pour les entreprises », expliquent les rapporteurs.

Ce n’est pas aussi simple. Certains secteurs, comme la pharmacie et la santé, les technologies de l’information, l’immobilier, la distribution s’intéressent peu au sujet, visiblement.

De grandes entreprises comme Euler, Hermes, Michelin, Scor, Technip, Théolia ou Valéo n’ont pas souhaité dévoiler leur politique Climat. Ce qui peut se comprendre au vu des piètres notes obtenues en 2009.

Celles qui jouent le jeu le font vraiment : 85 % des entreprises participantes ont confié la responsabilité des questions climatiques au comité exécutif ou au conseil d’administration (10 % de plus qu’en 2009 !).

Deux tiers déclarent s’être fixé des objectifs de réduction d’émission. Mais seule la moitié d’entre elles annoncent avoir mis en place des incitations à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus