Climat: les entreprises françaises s’engagent

Le 30 août 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Des engagements invérifiables.
Des engagements invérifiables.
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Une centaine d'entreprises françaises ont présenté, jeudi 29 août, d'ambitieux programmes visant à réduire leur empreinte carbone. Restera à en évaluer les effets réels dans quelques années.

 

La saison des annonces environnementales bat son plein. Après l’ouverture du catalogue par les Etats et quelques coalitions thématiques, lors du sommet du G7 de Biarritz, au tour des entreprises. Ce jeudi 29 août, à l’occasion de La Rencontre des Entrepreneurs de France (LaREF), une centaine de représentants du Big Business à la française ont pris des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

engagements volontaires

Si elle n’est pas encore une lame de fond, la dynamique prend de l’ampleur. Lors de son lancement, en 2017, cette démarche d’engagements volontaires pour le climat n’avait réuni «que» 91 entreprises. En signant le French Business Climate Pledge (engagement des entreprises françaises pour le climat), elles s’étaient, déjà, engagées à se décarboner en partie et à investir 68 milliards d'euros en 2017 et 2018, dans les projets bas carbone et d’énergies renouvelables. Le but alors visé était de 60 milliards d’investissements verts pour la période 2016-2020. Objectif largement dépassé, donc.

73 milliards d'euros

La vague verte s’est encore gonflée. Désormais, ce sont 99 entreprises et multinationales françaises, représentant 1.650 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 6 millions d’emplois au plan mondial, qui veulent changer le monde. D’Accor, à L’Oréal, de Sanofi, à EDF, en passant par Pernod-Ricard ou Les Tissus de Charlieu, elles promettent de consacrer 73 milliards d'euros (dont 8 milliards pour les entreprises nouvellement engagées) d’investissements industriels et de R&D dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le déploiement de technologies bas carbone, et de pratiques agricoles durables.

trous dans la raquette

Initiatrice d’un vaste projet de transformation de l’économie française visant la neutralité carbone, Claire Tutenuit ne peut qu’approuver pareille mobilisation. «C’est super !», résume la déléguée générale d’Entreprises pour l’Environnement (EPE). Pour aussitôt rappeler qu’il reste encore des trous dans la raquette. «Si les énergéticiens, depuis longtemps soumis à la contrainte carbone, ont bien compris les enjeux, les entreprises des nouvelles technologies de l'information et de la communication n’en sont pas encore là. Certes, elles disent décarboner leur électricité, mais elles ne s’interrogeront pas sur les coûts environnementaux de leurs activités», souligne-t-elle.

impossible bilan

L’absence de certains secteurs d’activité n’est pas le seul point noir de cette initiative. La diversité des engagements pris par chaque entreprise (neutralité carbone des bâtiments, réduction du roulage des avions, réduction de l’intensité énergétique des usines, réduction des rejets de COV) et des périmètres (spots 1, 2 ou 3) rend illusoire tout bilan environnemental ou climatique sérieux.



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