Les entreprises du secteur de l’environnement connaissent aussi la crise

Le 18 décembre 2008 par Sonia Pignet
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Cours CAC 40
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Si les professionnels du secteur environnement ne sont pas les plus touchés par la crise économique, ils ne sont pas épargnés pour autant. Selon leur secteur d’activité, l’impact est variable. Alors que les industries des énergies renouvelables poursuivent globalement leur croissance, celles du recyclage connaissent des ralentissements parfois importants.

Au Syndicat des énergies renouvelables, on ne craint pas la crise. «Bien sûr, comme tous les secteurs de l’économie, nous avons besoin de financements, plus difficiles à obtenir actuellement», explique Jean-Philippe Roudil, le délégué général. «Mais par rapport à d’autres, nous résistons bien à la crise économique.» Les entreprises spécialisées en énergie renouvelable connaissent en effet une dynamique de croissance très importante, entretenue par les décisions prises dans le cadre du paquet Climat-énergie et du Grenelle de l’environnement -même s’il existe des disparités entre acteurs de l’éolien et du solaire.

Alors que les seconds sembleraient ne pas avoir à souffrir de la crise dans l’immédiat, le cabinet d’analyses Frost & Sullivan constate les prémices d’un ralentissement dans le secteur de l’énergie éolienne. Certaines sociétés revoient à la baisse leurs prévisions de production pour l’année 2009. Pour autant, la situation n’est pas alarmante, et devrait même avoir des effets positifs. «L’industrie éolienne devrait passer d’une situation de surchauffe à une situation d’équilibre, voire de sous-production», analyse Gouri Kumar du cabinet Frost. Cet équilibrage entre l’offre et la demande pourrait accroître la compétition entre les fournisseurs, ce qui permettrait à certains d’entre eux de tirer leur épingle du jeu –d’autant que la baisse des prix des matières premières se traduira dans le prix des composants et donc des turbines. Toutefois, cette évolution n’est pas perçue au Syndicat des énergies renouvelables. Pour Jean-Philippe Roudil, l’éolien est confronté à des problèmes d’obtention d’autorisations délivrées par les préfectures et à une campagne de dénigrement, mais la crise n’impacterait pas le secteur.

Du côté des entreprises de recyclage, les inquiétudes sont plus fortes. «Les prix de vente de ferrailles recyclées ont oscillé entre 400 euros la tonne au plus haut de l’année et 70 au plus bas, en novembre», indique Claude Platier de la Fédération de la récupération, du recyclage et de la valorisation (Federec). «L’impact de la crise est plutôt violent», constate-t-il. En cause, la baisse de prix des matières premières et les difficultés de l’automobile et du bâtiment, les principaux débouchés des métaux recyclés, deux secteurs particulièrement fragilisés par la crise économique. Federec note également un repli brutal des achats de papiers et plastiques recyclés. Les prix du papier à recycler flirtent avec le zéro, une situation qui n’existait plus depuis 1992, date de la mise en place de la collecte sélective. Du coup, il n’y a plus de collecte, sauf pour les papiers et cartons issus de la collecte sélective. «Ceux-là continuent à rentrer, mais ne sortent plus. Nous sommes donc en train de négocier avec les Drire pour augmenter nos capacités de stockage», explique Claude Platier. Faciles à produire, les matières recyclées sont pourtant, d’après lui, des «matières idéales en temps de crise». Mais à condition, bien sûr, que les machines tournent. Bref, les entreprises du recyclage sont sous tension et leur optimisme d’il y a quelque temps laisse la place à l’inquiétude, faute de visibilité.

Face à la crise économique, des mesures ont été annoncées via les plans de relance. Les plans français et européens mettent notamment l’accent sur le bâtiment et l’automobile. Une relance économique de ces secteurs aiderait les entreprises de recyclage, mais cela ne suffit pas à les rassurer complètement sur leur avenir. A Federec, on attend encore les annonces chinoises et américaines, avec l’espoir que soient annoncés de grands travaux.
En matière énergétique, le plan européen satisfait globalement les industriels. «L’objectif du plan de sauvetage de l’UE est de conserver le thème des changements climatiques comme la priorité des gouvernements, se réjouit Gouri Kumar. Ce plan ainsi que la directive sur les énergies renouvelables montrent que l’Europe est sérieuse quant à la gestion des changements climatiques. Et actuellement, ce soutien est essentiel.»



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