Les enjeux de Marrakech

Le 07 novembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La COP 22 est aussi la première conférence des parties à l'Accord de Paris.
La COP 22 est aussi la première conférence des parties à l'Accord de Paris.
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Du 7 au 18 novembre, la COP 22 tentera de conforter la dynamique créée par l’entrée en vigueur, le 4 novembre, de l’Accord de Paris. Au menu des discussions: renforcement des ambitions climatiques nationales, transparence des flux financiers internationaux. Mais aussi ouverture à la société civile et sécurité alimentaire.

La cité impériale n’en est pas à son coup d’essai. En 2001, la porte de l’Atlas avait déjà accueilli une conférence des parties à la convention Climat. A l’époque, diplomates et experts avaient ciselé les mécanismes créés 4 ans plus tôt lors de la COP de Kyoto.

Cette fois, il s’agit de faire mieux. Beaucoup mieux. Car les politiques climatiques élaborées par les Etats ne permettent pas d’atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. L’an passé, les délégués nationaux s’étaient quittés en promettant de stabiliser le réchauffement à 2°C, voire 1,5°C d’ici la fin du siècle. Or les politiques esquissés nous conduisent, au mieux, à un réchauffement de 3°C environ. «Alors que le monde se retrouve à Marrakech, nous devons retrouver le sentiment d'urgence que nous avions il y a un an», plaide dans un communiqué Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale.

 

Sur la voie des 2°C

 

L’ampleur de l’effort à accomplir est connue. Globalement, la collectivité doit, au moins, abattre de moitié ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Pour les pays les plus industrialisés (responsables des désordres actuels), c’est la décarbonation quasi totale de leur économie qu’il faut viser à la même échéance. Conclusion: les gouvernements devront muscler leur contribution nationale (NDC), en vue de leur premier audit international, prévu pour 2018. «Nous devons mettre en œuvre les actions complémentaires qui nous remettrons sur la voie des 2°C», avance Paula Caballero, directrice du programme Climat du World Resources Institute (WRI, un think tank américain).

Des annonces en ce sens sont d’ailleurs attendues. Quelques heures avant l’élection du 46e président américain, l’administration Obama devrait dévoiler les axes de sa politique à long terme. Le gouvernement allemand pourrait faire de même.

Jeter des passerelles

Cela va sans dire, Marrakech II ne règlera pas tout. Hakima El Haïte, la ministre de l’environnement du Maroc s’est fixé des priorités claires et raisonnables: faire travailler ensemble Etats et acteurs non étatiques (entreprises, collectivités, ONG). Les premiers étant aux commandes de la négociation, les seconds étant les principaux émetteurs et, à ce titre, ceux qui devront mettre en œuvre les mesures issues des COP. La ‘championne’ du climat veut aussi que les pays riches, qui ont promis de verser 100 milliards de dollars par an aux pays vulnérables aux conséquences du réchauffement dès 2020, précisent les façons dont ils financeront leur apport. Et l’utilisation qui devra être faite de cette manne. «Entre le public et le privé qui paiera quoi? Et quelle sera la part affectée à l’adaptation et à l’atténuation», s’interroge-t-elle.

Clarifier les engagements

«La COP 22 doit clarifier les règles d'engagement de l'Accord de Paris, mettre l’ensemble des acteurs, Etats, entreprises, villes, et tous les acteurs concernés, face à leurs responsabilités pour que leurs engagements soient de plus en plus ambitieux. Nous devrons quitter cette nouvelle session de négociations après avoir défini un cadre plus solide tout en sachant que nous sommes déjà en mesure de créer le monde que nous voulons», traduit Manuel Pulgar-Vidal, directeur du programme international Climat et Energie au WWF.
A Marrakech, les «COPistes» auront sûrement la tête ailleurs, dans la nuit du 8 au 9 novembre. Car le résultat de l’élection présidentielle US pourrait fortement influer sur la dynamique climatique mondiale. Une victoire d’Hillary Clinton signifierait probablement la poursuite de la politique initiée par Barack Obama. Rien de comparable en cas de victoire du candidat républicain. Donald Trump a déjà prévenu qu’il comptait sabrer dans tous les budgets liés à la lutte contre le changement climatique. Soit une économie de 100 milliards de dollars en 8 ans, a-t-il affirmé.

Certains veulent poser des sujets que les COP laissaient plutôt de côté jusqu’à présent. «La plupart des NDC comprennent des mesures en faveur de l’agriculture et de la forêt. Or, ce sont deux sujets fondamentaux, souligne Craig Hanson, en charge de l’alimentation, la forêt et l’eau au WRI. Tendre vers la déforestation zéro, c’est contribuer à la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Promouvoir l’agroforesterie, c’est aussi renforcer la sécurité alimentaire.» Les officiels français profiteront d’ailleurs de la COP pour présenter à l’international l’Initiative 4 pour 1.000. De son côté, le gouvernement marocain assurera la promotion du Triple A. Cousine de la française, elle vise à faire converger les politiques africaines agricoles et d’adaptation. Ou comment renforcer la sécurité alimentaire sous un climat plus chaud et plus sec.

 

 



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