Les énergies renouvelables: une industrie qui aime le réchauffement

Le 07 novembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les ENR produiront 28% du courant mondial en 2030.
Les ENR produiront 28% du courant mondial en 2030.
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Réduire les émissions de gaz à effet de serre passera par un verdissement du secteur de l’énergie. Une dynamique en cours.

Production et demande d’énergie constituent, de loin, l’ennemi numéro un du climat. De l’extraction des hydrocarbures à la consommation de l’essence, du transport de gaz au chauffage de nos logements, le secteur de l’énergie est à l’origine des deux tiers du renforcement de l’effet de serre. Le décarboner, c’est s’attaquer aux vraies racines du réchauffement.

NDC et énergies vertes

C’est précisément ce qui est en cours. Dans son évaluation des contributions climatiques nationales (NDC, publiées avant la COP 21), le Giec[1] note que plus de 80% d’entre elles se focalisent sur le développement des énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique.

Si ce second axe est difficile à évaluer, le développement des énergies vertes s’apparente d’ores et déjà à un véritable boom. L’an passé, les électriciens ont raccordé à leurs réseaux 153 gigawatts électriques (GWe) de nouvelles capacités vertes. Un chiffre en progression de 18% par rapport à 2014, rappelait fin octobre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Gains de productivité

Encouragés par le contexte politique, la baisse des prix de production, les gains de productivité et la forte hausse attendue de la demande d’électricité, les investisseurs se poussent aux portillons des énergies propres. Dans les prochaines années, ce sont 200 GWe de capacités nouvelles qui devraient être mises en service chaque année. De sorte que les ENR produisent 28% du courant mondial contre 23% en 2015.

100% renouvelables

Certains vont même beaucoup plus loin. L’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) avait été l’une des premières à publier un scénario où la totalité de l’électricité consommée dans l’Hexagone serait produite par les énergies vertes. Et ce dès 2050. Le bouquet esquissé serait majoritairement composé de panneaux photovoltaïques sur toiture (364 GWc) et d’éoliennes: terrestres (174 GW), marines posées (20 GW) et flottantes (46 GW).

Les pétroliers s’intéressent de plus en plus aux énergies renouvelables. Deuxième installateur mondial de panneaux photovoltaïques, Total estime qu’elles pourraient générer jusqu’à 20% de son chiffre d’affaires en 2035. Dong, la compagnie danoise, vient de céder la totalité de ses activités pétrolières et gazières pour ne se consacrer qu’à l’éolien.

Des chercheurs de Stanford (Californie) poussent le bouchon plus loin. L’équipe de l’ancien climatologue Mark Jacobson vient de mettre en ligne une feuille de route pour un monde «100% renouvelable». S’appuyant sur les capacités techniques et les infrastructures de 139 pays (dont la France), ce travail de prospective estime que les énergies propres sont à même de fournir 80% de l’énergie dont nous aurons besoin en 2030 et la totalité 20 ans plus tard.

Avec 40% des rejets anthropiques de CO2, le secteur de l’électricité est le plus gros émetteur mondial, devant les transports (23%), l’industrie (19%), la production d’énergie (8%), le résidentiel (6%) et le tertiaire (3%).

Reste à financer, installer et raccorder 2,4 millions d’éoliennes (13.000 GWe), 409.000 centrales à vagues (307 GW), 30.000 centrales houlomotrices (31 GWe), 2 milliards de centrales solaires (32.000 GWc). Le tout agrémenté d’une pointe de géothermie, de solaire thermique et à concentration. Sans oublier le stockage et la gestion de la pointe. Le tout occupant 2 millions de kilomètres carrés (dont le tiers en mer), soit 0,2% du territoire revendiqué par les 139 pays étudiés.

Mais il n’y a pas que l’électricité. L’énergie renouvelable la plus consommée reste celle issue de la biomasse. Et que ce soit sous la forme de bois de chauffe ou d’algues produisant des carburants, celle-ci a encore un bel avenir. En 2011, un rapport spécial du Giec estimait à 111.200 térawattheures (TWh) par an le productible potentiel de la seule énergie bois. Reste à savoir si l’agriculture (qui devra produire davantage pour répondre à la croissance démographique mondiale) laissera suffisamment de place à la forêt.

 

 



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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