Les énergies renouvelables préférées à la cogénération

Le 20 février 2007 par Claire Avignon
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Lundi 19 février, le ministre délégué à l’industrie a reçu un rapport d’audit sur les installations de cogénération sous obligation d’achat (soit 80% du marché) qui représentent actuellement 4% de la production nationale d’électricité. Peu tendre, le rapport prône un changement radical de l’aide publique.

De nombreuses installations de cogénération installées en France ne sont ni rentables ni écologiques. L'aide publique relative à cette technique qui permet la production simultanée d'énergie thermique et d'énergie mécanique devrait donc être reconsidérée. C'est la principale conclusion de l'Inspection générale des finances et du conseil général des Mines dans un rapport daté de janvier et remis hier à François Loos. A la lecture de l'étude, le ministre délégué à l'industrie a annoncé la mise en place d'un groupe de travail «associant la profession afin de réfléchir aux suites pertinentes à donner à ce rapport».

D'abord, souligne le rapport, «la cogénération au gaz naturel ne présente un intérêt écologique que si elle se substitue à des productions utilisant des énergies fossiles», telles que le charbon, le fioul ou le gaz naturel. Le gain environnemental disparaît pour les autres modes de production comme le nucléaire, l'hydroélectricité ou encore les énergies renouvelables (ENR) qui émettent très peu d'émission de CO2. Or, contrairement à de nombreux pays européens, la production d'électricité en France provient majoritairement des centrales nucléaires et d'installations hydroélectriques, les énergies fossiles ne comptant que pour le 10% du total.

Par ailleurs, la France s'est engagée à diviser par quatre ses rejets carboniques (Facteur 4). Pour cela, elle doit favoriser non la cogénération mais les énergies renouvelables. Toujours d'un point de vue environnemental, le cadre réglementaire actuel n'apparaît pas satisfaisant aux yeux de l'Inspection générale des finances et du conseil général des Mines: «Les contraintes qui pèsent sur les installations de cogénération au titre des contrats d'obligation d'achat (1) ne préjugent pas du niveau de valorisation de la chaleur produite», remarquent-ils.

Les auteurs estiment même «douteuse» la réalisation d'économie d'énergie de réseau, et très élevé le coût de réduction des émissions de CO2 (513 euros par tonne -€/t- contre moins de 20 €/t sur le marché).

«Toutes ces affirmations sont en partie vraies, mais réductrices», estime Patrick Canal, délégué général du club cogénération de l'Association technique énergie environnement (Atee). «A-t-on les moyens, aujourd'hui en France, de se passer de la cogénération? C'est la vraie question.»

Car les aspects financiers et environnementaux ne sont pas les seuls à devoir être pris en compte. «La cogénération permet de faire face à des pointes de consommation, ce n'est pas encore le cas des ENR comme l'éolien et la biomasse», explique Patrick Canal. Or, il existe actuellement un déficit pour faire face à ces pointes. Le ministère chargé de l'industrie pariera-t-il sur les ENR ou la cogénération? Réponse dans les prochains mois. A moins que la solution ne vienne d'une meilleure maîtrise de l'énergie.



(1) Pour obtenir la « prime écologique », les installations sous contrat 97-01 doivent présenter un rendement électrique équivalent (Ree) de 55% au moins. Les autres installations doivent permettre une économie d'énergie primaire (Ep) de 5% au minimum.




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