Les énergies renouvelables expliquées aux candidats à la présidentielle

Le 20 janvier 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les candidats parlent beaucoup d'énergie renouvelable sans savoir de quoi il retourne.
Les candidats parlent beaucoup d'énergie renouvelable sans savoir de quoi il retourne.
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Le SER publie un Livre blanc ou comment expliquer l’utilité des énergies renouvelables aux prétendants à l’Elysée.

 

Ils en parlent tous ou presque. Mais sans trop savoir de quoi il retourne. Trois mois avant le premier tour du scrutin présidentiel, la plupart des prétendants à la magistrature suprême ont un petit laïus tout prêt sur les énergies vertes.

 Yannick Jadot veut engager un projet de production d’énergies renouvelables par quartier ou commune rurale. Sans que l’on sache très bien comment il y parviendra, Jean-Luc Mélenchon veut atteindre le 100% renouvelable. Emmanuel Macron en fait l’un des piliers de sa «nouvelle écologie». Le «patriotisme économique» cher à Marine Le Pen assurera le déploiement du photovoltaïque (à condition que les panneaux soient made in France), de la méthanisation et de l’énergie bois. Après avoir supprimé toutes les aides publiques, François Fillon (LR) veut lancer des appels d’offres sur éolien, financés par les revenus de la contribution Climat Energie.

Contexte porteur

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) veut mettre tout le monde d’accord. Il y a quelques jours, le principal lobby français des énergies vertes a publié un nouveau Livre blanc, 5 ans après la première mouture. Argumentée, l’étude rappelle le contexte mondial: portées par la lutte contre le changement climatique, les capacités renouvelables électriques flirtent avec les 2.000 gigawatts (GW): 23% du mix électrique mondial. Et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit la mise en service de 825 GW supplémentaires d’ici 2021, soit 42% de croissance.

Objectifs à notre portée

Avec un tiers de capacités électriques renouvelables (produisant seulement 19% de l’électricité consommée), la France nourrit de grands objectifs. La loi sur la transition énergétique (LTECV) porte à 32% en 2030 la part des renouvelables dans la consommation d’énergie finale, dont 40% pour l’électricité, 38% pour le chauffage et la climatisation et 15% pour le transport.

Des objectifs d’autant plus à notre portée, souligne le rapport, que l’Etat, en instaurant le permis unique ou un calendrier pluriannuel des appels d’offres, a «simplifié le cadre réglementaire de nos filières».

Pénaliser le fossile

Ce qui n’est toutefois pas suffisant, regrette le SER, qui suggère quelques évolutions réglementaires aux politiques en campagne. Au niveau européen, les objectifs du paquet Energie Climat 2030 doivent être rendus contraignants et déclinés au niveau national. Le lobby tricolore préconise aussi «d’abandonner le principe d’appel d’offres à neutralité technologique et de maintenir une ambition forte pour les biocarburants». Les énergies fossiles devront être pénalisées en renforçant le prix des quotas européens d’émissions de gaz à effet de serre (ETS).

Parallèlement, l’évolution de la contribution Climat Energie, annoncée par la LTECV (56 euros la tonne de CO2 en 2020, et 100 €/t CO2 en 2030) doit être confirmée dans les faits. Argent toujours, les ‘Investissements d’avenir’ devront continuer de financer des projets énergétiques innovants, comme le stockage, la digitalisation ou la gestion intelligente des réseaux: autant de sujets primordiaux pour faciliter le raccordement des sources d’énergie intermittentes sur les réseaux électriques. Ce qui n’exclut pas, comme dans l’agriculture, le développement des circuits courts, notamment de l’autoconsommation.

Moderniser les réseaux

Pour les plus mordus, le SER distille plusieurs dizaines des mesures sectorielles: réduire les délais d’instruction des dossiers éoliens; désigner un délégué interministériel en charge des énergies marines renouvelables; soutenir financièrement la rénovation des ouvrages hydroélectriques (première ressource renouvelable); développer les applications du photovoltaïque; financer la R&D pour le solaire thermodynamique; proposer une formation ‘solaire thermique’ auprès des prescripteurs des solutions énergétiques du bâtiment; lever les freins au développement de l’énergie bois; soutenir la demande en biométhane, notamment en faveur de la mobilité; adapter les réseaux à l’injection de gaz renouvelable.

Quelques mesures transversales complètent ce cahier des doléances: moderniser les réseaux d’électricité; donner aux départements et aux collectivités ultra-marines les moyens de verdir leur système énergétique; accélérer l’intégration des renouvelables dans le bâtiment.

De quoi bâtir un système cohérent, producteur d’énergie, de valeur, et créateur d’emplois. Pas si mal pour un programme électoral.

 


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