Les énergéticiens européens retrouvent des (petites) marges

Le 05 septembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les premières éoliennes d'Engie.
Les premières éoliennes d'Engie.
VLDT

Durement frappés par la stabilité de la consommation, la baisse des prix de gros et l’arrivée de nouveaux compétiteurs, les principaux électriciens européens pourraient commencer à sortir la tête de l’eau, souligne le 3e baromètre du secteur européen de l’énergie.

Publiée par le consultant Watt’s Next, cette étude annuelle dresse l’état financier des 25 plus importants énergéticiens de la plaque de cuivre européenne. Un secteur majeur et, en apparence, indestructible: 584 milliards de chiffres d’affaires, l’an passé, 96 milliards de résultats, 308 milliards de valorisation boursière, 14 milliards de dividendes distribués, à certains de leurs 805.000 salariés, parfois. Lourd, mais fragile.

Recul des prix du gaz et de l’électricité

L’année passée, les prix de gros de l’électricité et du gaz ont reculé sur la plupart des places de marché européennes, de 10% pour le courant et de 25% pour les contrats de long terme de gaz naturel à la frontière allemande. Des phénomènes qui ne datent pas d’hier et se conjuguent avec la stagnation de la demande. Résultat, le chiffre d’affaires des énergéticiens suivis par Watt’s Next a globalement chuté de 15% depuis 2012, et de 8,1% l’an dernier.

19 milliards de dépréciations d’actifs

Si EDF et Engie s’en tirent plutôt bien (environ -5% en 2016), d’autres voient leurs activités reculer très fortement, à l’image de Vattenfall (-15%), Dong (-23%) et E.ON (-67%). Tout n’est pas à mettre au débit du consommateur volage ou de la concurrence agressive. E.ON, Dong et Vattenfall se sont définitivement débarrassés de leurs énergies fossiles, ce qui a fortement réduit leur périmètre et donc leur chiffre d’affaires. Ensemble, les énergéticiens ont passé près de 19 milliards d’euros de dépréciations d’actifs, l’an passé.

600 millions de pertes

Pour autant, les énergéticiens historiques reculent sous les coups de boutoirs de leurs compétiteurs. EDF a vendu 10% d’électricité en moins aux consommateurs finals français. Au Royaume-Uni, les «Big Six» (dont EDF Energy) «ont encore, collectivement, perdu 5 points de part de marché sur le segment des ménages pour le gaz naturel», rappelle le consultant.

La période de vache maigre est-elle terminée? Ce n’est pas sûr. Mais certains signes positifs commencent à poindre. L’an passé, les énergéticiens ont encore inscrit 600 millions de pertes cumulées dans leurs livres. Mais les marges commencent à se rétablir.

Après six années consécutives de dégradation du ratio Ebitda/chiffre d’affaires, l’indicateur repart à la hausse, de 0,4%, pour s’établir, en moyenne, à 16,4%. Les bons élèves sont principalement les opérateurs qui ont su se débarrasser de leur charbon ou de leurs hydrocarbures et/ou qui profitent pleinement des rentes générées par les énergies renouvelables: Verbund, Dong, Statkraft, Iberdrola, EdP.

61,3 milliards d’investissements

Au total, 18 des 24 groupes observés ont fait des profits, en 2016. Les énergéticiens allemands, engoncés dans la fin du nucléaire et la transition énergétique, continuent d’accumuler les pertes: près de 22 milliards pour E.ON, RWE, Uniper, Vattenfall (groupe public suédois massivement implanté en Allemagne) et EnBW. En toute logique, les équipes de direction serrent les boulons, et réduisent les investissements : +3,5% entre 2015 et 2016. L’an passé, les énergéticiens ont investi 61,3 milliards d’euros, principalement dans les activités insensibles aux fluctuations du marché: énergies renouvelables et réseaux.

Last but not least : la dette. Celle-ci atteint 246 milliards d’euros, soit 78 milliards de moins qu’en 2009. Ce chiffre imposant masque des situations très diverses. Avec un taux d’endettement net légèrement supérieur à 50%[1] et à une capacité de remboursement supérieure à 2, Engie se trouve dans une bonne situation financière. A contrario, les dettes d’E.ON représentent 7 fois ses fonds propres ; quand celles d’EnBW (ex filiale d’EDF) sont 14 fois supérieures à son Ebitda[2], laissant augurer de grandes difficultés à apurer leurs dettes.



[1] Le taux d’endettement net est le ratio : dette/fonds propres. Au-delà de 100%, une entreprise est surendettée.

[2] La capacité de remboursement est exprimée par le ratio : dettes/Ebitda. Au delà de 3, l’entreprise aura du mal à rembourser.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus