Les émissions des transports dans le collimateur de la commissaire au climat

Le 18 janvier 2010 par Victor Roux-Goeken
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Si l’Union européenne est déjà dotée d’objectifs d’efficacité énergétique et de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), il s’agit désormais de les appliquer dans les 5 prochaines années, a déclaré celle qui deviendra peut-être la première commissaire européenne au climat, Connie Hedegaard, au cours de son audition par les eurodéputés le 15 janvier à Bruxelles.

L’ancienne ministre danoise conservateur du climat et de l’énergie a estimé que l’UE pourrait faire plus pour réduire les émissions des transports routier et maritime. Comme pour l’aviation, l’UE devrait inclure le transport maritime dans le marché européen du carbone (ETS) dès 2011. La modernisation et le «verdissement» des politiques agricoles pourraient faire de l’agriculture européenne un atout à l’export. Tous les nouveaux projets européens d’infrastructures devraient être «climato-compatibles».

Malgré l’absence d’objectifs contraignants dans l’accord de Copenhague, les pays l’ayant ratifié ont tout de même souscrit à des engagements financiers et accepté la limitation à 2°C de la hausse de la température planétaire, s’est consolée la future commissaire. Le passage d’un objectif de -20 à -30% d’émissions de GES en 2020 par rapport à 1990 devrait être réalisé le plus tôt possible, d’une manière à encourager les autres pays à faire de même.

Pour Connie Hedegaard, la connexion de l’ETS avec un futur marché américain du carbone est nécessaire, afin de faire émerger un prix mondial du carbone.

«L’énergie nucléaire n’est pas une ressource renouvelable», a-t-elle déclaré, laissant aux Etats membres le soin de décider eux-mêmes de la composition de leur bouquet énergétique. Des propos similaires avaient été tenus par le futur commissaire allemand à l’énergie, Günther Oettinger, lors de son audition du 14 janvier (1). A la question de fixer des normes d’émissions de CO2 pour les centrales électriques, la commissaire au climat a répondu que «nous devrions attendre et voir si la technologie de captage et stockage du carbone (CCS) fonctionne en l’état».

Quant au risque de fuites de carbone, qualifié de «réel», Connie Hedegaard a estimé que «l’industrie européenne [devait] être poussée gentiment mais fermement dans la bonne direction».

Pour les Verts européens, l’ancienne ministre a montré lors de sa prestation qu’elle avait «la volonté politique et la vision pour être une première commissaire européenne au climat forte», mais que le succès de son mandat dépendrait du soutien accordé par le président de la Commission, José Manuel Barroso. La commissaire a signalé de «bonnes intentions» quant à la révision de la réglementation sur les émissions de CO2 des voitures. Seul échec, la question des objectifs d’efficacité énergétique en 2020: elle ne soutient pas le fait qu’ils deviennent contraignants.

Dans un communiqué du même jour, relayé par le Centre national d’information indépendant sur les déchets (Cniid), l’Alliance mondiale pour les alternatives à l’incinération (Gaia) s’est déclarée opposée à la nomination de la commissaire «en raison de son fort soutien à l’incinération». En janvier 2007, rappelle Gaia, Connie Hedegaard alors ministre de l’environnement danoise avait promu ce mode de traitement des déchets lors d’un discours à Kuala Lumpur (Malaisie).

(1) Dans le JDLE «Les eurodéputés passent les futurs commissaires à la question»


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