Les émissions de CO2 des sols s’emballent

Le 02 août 2018 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
La litière se dégrade plus vite
La litière se dégrade plus vite
DR

Avec la hausse des températures, les sols s’avèrent moins efficaces pour séquestrer le carbone. En cause, une activité accrue des microorganismes, qui dégradent plus rapidement la matière organique, révèle une étude publiée mercredi 1er août dans Nature.

 

Au niveau mondial, on estime que les sols stockent deux fois plus de carbone que n’en contient l’atmosphère. Et ce grâce à la production végétale, qui permet la transformation de carbone minéral (le dioxyde de carbone) en carbone organique par la photosynthèse, sous l’effet de la lumière.

Lorsque végétaux et animaux meurent, ce carbone organique est enfoui dans le sol sous forme de détritus carbonés. Les microorganismes présents dans le sol, mais aussi les racines, dégradent cette matière: par respiration, ils la transforment en dioxyde de carbone gazeux, qui retourne dans l’atmosphère.

Une dégradation plus rapide

Or sous l’effet du réchauffement, ce cycle du carbone serait en en tain de se déséquilibrer, révèle l’étude publiée par Ben Bond-Lamberty, climatologue à l’université du Maryland (Etats-Unis), et ses collègues. En cause, la hausse des températures: les microorganismes fonctionnent à régime accu, et ont donc de plus grands besoins métaboliques: la matière organique est dégradée plus rapidement, amenuisant ainsi la capacité du sol à stocker du carbone.

Analysant une base de données mondiale, les chercheurs américains montrent que la respiration du sol s’est en effet accrue entre 1990 et 2014, particulièrement celle par les microorganismes: celle-ci a augmenté de 1,2% en 25 ans, et elle est désormais responsable de 63% de la respiration totale par les sols –contre 53% en 1990.

Rétroaction positive

Tout aussi inquiétant, cette respiration, qu’elle soit totale ou seulement par les microorganismes, progresse plus rapidement que la production végétale –qui croît aussi, sous l’effet de la hausse du CO2 atmosphérique. Il y a donc un emballement du cycle du carbone, mais avec un rééquilibrage en faveur d’une production de CO2. Au réchauffement, les sols répondent donc par le réchauffement, selon un phénomène appelé «rétroaction positive».

Selon Ben Bond-Lamberty, «les sols répondent au changement climatique, ce qui entraîne une plus grande conversion de carbone organique en dioxyde de carbone. Selon la manière dont d’autres composants du cycle répondent au réchauffement, ces changements du sol peuvent contribuer à une hausse encore plus marquée des températures, en raison d’une rétroaction positive».



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus