Les élus veulent le pouvoir énergétique

Le 31 janvier 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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A Montdidier, le parc éolien public finance la lutte contre la précarité énergétique
A Montdidier, le parc éolien public finance la lutte contre la précarité énergétique

Il aura fallu attendre les dernières heures des assises de l’énergie, à Grenoble, pour entendre les élus donner de la voix. S’exprimant dans une table ronde consacrée aux nouveaux pouvoirs des collectivités, une dizaine d’édiles ont appelé, ce matin 31 janvier, à une rénovation de la gouvernance énergétique.

Leur message est clair: assez de cette politique de «château d’eau, où les ordres chutent des hauteurs pour devoir être appliqués par le bas», résume Dominique Gros, le maire de Metz. «Comme la voirie ou les transports publics, l’énergie est une compétence locale, il faut nous la laisser gérer», enchérit Michel Delebarre, sénateur-maire de Dunkerque.

Jusque-là, tout le monde est d’accord. Y compris au gouvernement. «La gouvernance énergétique doit évoluer», approuve Delphine Batho. Et la ministre de l’écologie d’évoquer, pour son futur projet de loi sur la transition énergétique, des notions chères aux cœurs des élus, comme le développement des énergies renouvelables ou l’autorisation d’autoconsommer les kilowattheures produits localement.

Problème: quel visage donner à cette gouvernance locale? Certains défendent le modèle des Stadtwerke allemandes. Ce qui reviendrait à accroître le nombre et les compétences des entreprises locales de distribution (ELD) qui, depuis 1946, produisent et distribuent l’énergie d’une centaine de collectivités, sur 5% du territoire. Voire un peu plus. Grâce à ses trois barrages sur la Moselle et à une centrale, Usine d’électricité de Metz (UEM) fournit électricité et chauffage urbain aux Messins. Et n’hésite pas à concurrencer EDF sur certains appels d’offres. «Une régie, c’est très rentable», commente Dominique Gros.

Et ce n’est pas Catherine Quignon-Le Tyrant, maire de Montdidier (Somme), qui dira le contraire. La petite ville picarde est la première à avoir fait construire, via sa régie communale, un parc éolien municipal, dont les recettes financent, localement, la lutte contre la précarité énergétique.

La maille municipale ne fait pas l’unanimité. Certains, à l’instar de Michel Delebarre, souhaitent que ces futures autorités régulatrices de l’énergie couvrent le territoire des agglomérations.

D’autres, comme Guy Hourcabie, conseiller général de la Nièvre, préconisent la maille départementale. Ce qui reviendrait à confier les rênes de l’énergie aux syndicats départementaux d’électrification, déjà propriétaires des réseaux de distribution d’électricité.

Maire de Lambesc (Bouches-du-Rhône), Jacques Bucki préfère l’échelon régional, seul à même selon lui, de régler de façon solidaire des problématiques aussi complexes et coûteuses que la gestion des réseaux de transport ou la redistribution des flux financiers.

Les finances, le mot est lâché. Il y a consensus pour dire que le système financier de l’énergie doit être revu. Reste à savoir comment. «Il va falloir rediscuter des flux financiers avec les grands opérateurs nationaux», risque Michel Delebarre. Beaucoup, comme Catherine Quignon-Le Tyrant, imaginent que les ressources générées par les autorités locales de l’énergie remontent à la région qui les redistribuerait aux collectivités, en fonction des besoins. «Il s’agit de calquer sur l’énergie le système des redevances, conçu pour financer les investissements pour l’eau», avance Dominique Gros.

Comme le résume Nicolas Garnier, délégué général de l’association Amorce, «avec le Grenelle, nous avons connu des avancées sur le plan technique. Nous voudrions que le projet de loi sur la transition énergétique apporte des avancées sur la gouvernance.» à l’évidence, le débat est maintenant ouvert.



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