Les éleveurs prêts à vendre des crédits carbone

Le 18 septembre 2019 par Stéphanie Senet
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L'élevage émet près de 10% des émissions nationales de gaz à effet de serre
L'élevage émet près de 10% des émissions nationales de gaz à effet de serre

Bientôt labellisée “bas carbone” par le ministère de la transition écologique, la méthodologie de calcul de réduction des émissions de gaz à effet de serre Carbon Agri va permettre aux éleveurs de financer leur transition bas carbone.

Après l’agroforesterie, au tour de l’élevage. Dans les jours à venir, le secteur doit obtenir le label « bas-carbone », encadré par un décret du 28 novembre 2018. Ce sésame lui ouvrira les portes de la réduction des émissions de gaz à effet de serre financée par la vente de crédits carbone. «L’objectif n’est pas de faire d’un forestier ou d’un éleveur un spécialiste du carbone. Le plus important est de faire entrer dans la boucle des organisations représentatives comme le Centre national de la propriété forestière (CNPF), l’Institut de l’élevage (IDELE) ou le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL), qui font partie de projets-pilotes, pour qu’elles fassent passer le message à leurs adhérents», avait expliqué en avril dernier Benoît Leguet, directeur général d’i4CE, à l’occasion de la présentation du label au ministère de la transition écologique.

 

Sept ans de réflexion

Message reçu cinq sur cinq par l’institut de l’élevage. «La méthodologie Carbon Agri est issue de l’outil de mesure CAP2ER mis en place dès 2012 par le Cniel et Interbev et testé dans 4.000 fermes», explique Jean-Baptiste Dollé, chef du service Environnement de l’association. «Cette photographie qui sera réalisée deux fois, à cinq ans d’intervalle, permettra d’évaluer la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’un élevage grâce à une série d’actions bénéfiques pour le climat», poursuit-il. Au total, 12.000 élevages ont été audités depuis sa création.

 

Un lien entre éleveurs, collectivités et industriels

Au menu: l’ajustement des quantités de nourriture distribuée, le remplacement des tourteaux de soja par des tourteaux de colza, la réduction de l’âge du premier vêlage, la mise en place de cultures intermédiaires, la hausse de la part des prairies permanentes, etc. Une structure a été créée pour l’occasion. France Carbon Agri Association assure l’interface entre les éleveurs engagés dans une démarche bas-carbone et les organisations intéressées par l’achat de crédits carbone. «Plusieurs structures se sont déjà montrées intéressées, comme la ville de Paris, pour compenser l’impact des JO 2024, mais aussi des communautés de communes, des conseils généraux et régionaux et des industriels du lait et de la viande», affirme Jean-Baptiste Dollé.

 

500 fermes laitières bientôt engagées

Deux programmes européens ont par ailleurs déjà financé la transition d’exploitations françaises : Carbon Dairy pour les fermes laitières et Beef Carbon, qui a touché 2.000 élevages bovins. Dès que Carbon Agri est officiellement labellisé, un appel à projets sera aussitôt lancé pour sélectionner 500 fermes laitières françaises d’ici à fin 2019, selon l’institut de l’élevage. Le secteur, qui est responsable de près de 10% des émissions nationales de gaz à effet de serre, vise une réduction de 20% d’ici à 2025 pour les fermes laitières et de 15% pour l’élevage de bovins et ovins.

 



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