Les élèves agriculteurs en manque de formation SST

Le 15 février 2005 par Christine Sévillano
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La Mutualité sociale agricole (MSA) multiplie les actions de sensibilisation sur les thèmes de la santé et de la sécurité au travail dans les établissements d'enseignement agricole. Et la tâche est ardue car aucune réglementation n'impose d'obligation en la matière, alors même que les accidents sont nombreux, surtout chez les jeunes agriculteurs.

Une note de service sur le suivi médical des élèves des établissements d'enseignement agricole, publiée le 17 janvier 2005 par le ministère chargé de l'agriculture expose quelques principes sur la surveillance des étudiants. Cette note donne également des instructions pour rédiger l'avis médical en cas de demande de dérogation à l'interdiction d'utilisation des machines dangereuses et d'exécution de travaux délicats pour les élèves mineurs. Cet avis est rendu par des médecins scolaires et des médecins du travail, la décision finale étant prise par les inspecteurs du travail. "Auparavant, les médecins généralistes pouvaient également être consultés, mais la réglementation ne le permet plus. Ils avaient une connaissance du monde du travail moins affûtée", explique Christophe Bernard, médecin conseiller technique national à la caisse centrale de la MSA. Les médecins du travail et les médecins scolaires doivent s'appuyer sur la liste des travaux et des outils dangereux que l'élève demande à manipuler. En outre, ils doivent procéder à un examen médical et à un interrogatoire destiné à connaître son degré de maturité et enfin tenir compte des antécédents médicaux. "On permet encore trop de dérogations aux étudiants: bien souvent, elles sont demandées par le maître du stage qui en fait une condition pour l'obtention du stage", poursuit Christophe Bernard.

Les maîtres de stage et les établissements d'enseignement agricole ne sont pas égaux en matière de formation à la santé et à la sécurité au travail. "Cela dépend si le chef d'établissement ou les enseignants sont sensibilisés à ces questions. Mais en général il ne sont pas suffisamment informés sur la santé et la sécurité au travail pour assurer la diffusion de ce type d'informations auprès des étudiants", affirme Stéphanie Stock, ingénieur conseil en prévention à la MSA. Pourtant les accidents sont assez nombreux. Sur un peu moins de 180.000 élèves, 7.876 accidents avec ou sans arrêt de travail ont été comptabilisés dans les écoles privées en 2002, dont 6.000 sont dus aux déplacements et plus précisément aux chutes ou aux glissades, mais aussi à la manutention –port de charges- et aux activités parascolaires. 700 concernent le contact que les élèves peuvent avoir avec les animaux. 3.694 apprentis ont également été victimes d'un accident dont 718 liés au travail du sol, du bois ou des végétaux. "Les jeunes, même en activité, sont très touchés par les accidents. Les moins de 29 ans représentent 40 % des accidents avec arrêt de travail", explique Stéphanie Stock.

Pourtant, la MSA travaille sur le sujet, les conseillers de prévention et les médecins du travail passent quelque 3.000 jours avec les élèves afin d'aborder la question des produits phytosanitaires, des gestes et des postures ou de la manipulation des animaux. Ils incitent également les personnels des écoles à devenir des relais d'informations. La MSA devrait poursuivre et approfondir cette action de sensibilisation en 2005 grâce notamment à la signature d'une convention avec la Direction générale de l'enseignement et de la recherche du ministère (DGER). Cette convention doit appuyer une stratégie nationale. La MSA compte réaliser des outils à destination des  personnels des écoles, et leur rappeler les guides et autres outils existants sur le sujet. Enfin, elle a lancé une grande enquête auprès des chefs d'établissement sur leurs pratiques, leurs attentes et leurs besoins de prévention et elle a déjà recueilli 85 % de réponses. "Mais nous devons aussi destiner nos messages de prévention aux maîtres de stage dont la mission n'est pas seulement de transmettre des pratiques professionnelles mais aussi de responsabiliser les stagiaires sur la santé et la sécurité", conclut Christophe Bernard.




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