Les électriciens européens sur la voie de la décarbonation?

Le 25 janvier 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Entre 2015 et 2016, EDF a réduit de 17% ses émissions de CO2 européennes.
Entre 2015 et 2016, EDF a réduit de 17% ses émissions de CO2 européennes.
VLDT

Depuis 2007, le facteur carbone des principaux électriciens européens ne cesse de baisser.

Bonne surprise! Jamais depuis le début du siècle, les principales compagnies productrices d’électricité européennes n’avaient émis aussi peu de CO2 qu’en 2016. Telle est la principale conclusion que l’on peut tirer à la lecture de l’étude annuelle que PricewaterHouseCoopers (PWC) consacre au ‘facteur carbone’ des électriciens du Vieux monde.

En 2016, donc, EDF et ses 22 principaux compétiteurs ont relâché 551 millions de tonnes de CO2, en baisse de 65 Mt (11% environ) par rapport à l’année précédente. Mieux, la production ayant stagné (à 2.000 térawattheures par an) d’une année à l’autre, la quantité de gaz carbonique émise pour produire un mégawattheure (le fameux facteur carbone) chute de 11%: 275 kg de CO2/MWh en 2016. Le plus bas niveau observé par le consultant depuis le lancement de l’étude, en 2001.

Un lien qui vaut de l’or. La Commission européenne va débloquer 578 millions d’euros pour subventionner la construction d’une nouvelle interconnexion électrique entre la France et l’Espagne. D’une longueur de près de 400 kilomètres, la liaison Golfe de Gascogne, essentiellement sous-marine, aura une capacité de 2.000 MW.

Trois explications à cet excellent résultat: une moindre utilisation des sources d’énergies carbonées, un usage en hausse des énergies renouvelables et la vente par certains de leurs parcs thermiques à flamme.

Renouvelables en hausse

Entre 2015 et 2016, les centrales hydrauliques, éoliennes et solaires (pour l’essentiel) ont généré 467 TWh en Europe: en hausse de près de 10% en un an. Plus de 23% du courant consommé en 2016 (contre 21,4% en 2015) était d’origine renouvelable. L’objectif (non encore confirmé) de produire ainsi 27% de l’électricité européenne semble être à portée de main.

Charbon et lignite en baisse

A contrario, les utilisateurs de charbon accusent le coup. Les centrales au charbon et au lignite ont baissé de 67 TWh/an leur production: -14%. En cause: l’évolution de la réglementation britannique qui a établi un prix plancher du carbone. Mais pas seulement. Vattenfall s’est débarrassé cette année de ses centrales au charbon, ce qui lui permet de transférer au Polonais EPH un passif carbone de 60 MtCO2/an. E.ON a fait de même avec Uniper, racheté il y a quelques mois par Fortum.

Ces cessions propulsent les deux énergéticiens allemands dans le cortège des bons élèves du panel. E.ON voit ainsi chuter ses émissions de 96%, contre 72% pour Vattenfall. En réduisant l’activité de ses centrales thermiques, l’Enel italienne a baissé ses rejets carbonés de 11 Mt/an. Davantage d’éolien et de photovoltaïque et moins de charbon ont permis à EDF d’abattre de 17% ses émissions de CO2. Son concurrent direct, Engie, fait moins bien: -11% seulement.

Du côté des cancres, on trouve RWE, qui accroit ses émissions de 4% (soit 1,3 MtCO2) en raison d’un pic de production de ses centrales à gaz. L’électricien de Essen reste l’électricien européen le plus accro au carbone. Et de loin! En 2016, RWE a relâché 148 MtCO2: deux fois plus que le numéro deux (l’Enel). Pas étonnant qu’il soit la proie des juristes pro-climat.

 



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