Les effets mitigés de la thermographie aérienne

Le 06 mars 2008 par Victor Roux-Goeken
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Thermographie
Thermographie

Plusieurs collectivités françaises se sont mises à la thermographie aérienne en prenant exemple sur la communauté urbaine de Dunkerque. Si toutes considèrent qu’une telle opération est un bon outil de sensibilisation, seules certaines assurent le «service après-vente» et accompagnent les propriétaires dans les travaux de rénovation.

Prendre un avion ou un hélicoptère, le munir d'une caméra thermique, le faire survoler une ville. Avec les images, dresser une carte montrant l'état des déperditions de chaleur par les toitures. C'est la recette –coûteuse (de l'ordre de 150.000 euros)– qu'ont choisie plusieurs collectivités (1) pour sensibiliser leur population au manque d'isolation de leur logement.

La communauté urbaine de Dunkerque (Cud) a lancé cette opération, largement relayée par les médias, en 2004. La collectivité ne s'y est pas trompée: «La thermographie aérienne n'est absolument pas un diagnostic, mais (…) un excellent outil de communication et de sensibilisation du public aux économies d'énergie. Dès le début de l'opération, c'est bien le seul résultat qui en était attendu», explique Olivia Daussy, attachée de presse à la Cud.

En 2007, la Cud estimait à 1.167 le nombre de personnes conseillées en matière d'isolation thermique, pour une population totale d'environ 220.000 habitants. Seules 53 opérations d'isolation, 91 dossiers d'installation de chaudière à condensation et 30 dossiers d'installation solaire ont été validés.



La ville de Marseille a réalisé sa thermographie pendant l'hiver 2006. «Nous avons engagé cette opération pour que la population prenne conscience des déperditions d'énergie. Mais cela n'a pas été suivi d'effets», admet le service communication.

Du côté de Reims métropole, une opération a été organisée par la Jeune chambre économique (JCE) de Reims. Son président, Carlos Brandao, également président de la Jeune chambre économique française, souhaitait inciter «l'agglomération à proposer des subventions ou des crédits d'impôt aux habitants». Il veut maintenant étendre cette opération à 155 villes françaises, à raison de 30 par an.

«A Reims, la thermographie a permis de constater que 7.000 habitations – soit 10% du parc résidentiel – avaient besoin de travaux urgents d'isolation», continue le jeune entrepreneur. Pour l'instant, Reims métropole «essaie de monter un Espace info énergie (EIE) en collaboration avec le conseil régional et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), explique Michel Verdisson, directeur général adjoint chargé de l'environnement. Nous montons aussi une banque de données urbaines où l'on intégrera une ‘thermicarte' de manière à pouvoir proposer à un particulier la partie de la carte qui concerne son logement.» Ce qu'ont fait la plupart des collectivités concernées.

La thermographie aérienne peut toutefois dépasser le statut de gadget lorsqu'elle s'intègre dans un plan plus large. Bien qu'il soit un peu «trop tôt pour en parler, car plusieurs candidats ont intégré le résultat de la thermographie dans leur campagne pour les élections municipales», la cartographie réalisée en 2006 a connu un véritable succès dans la ville de Gap, selon Jean-Paul Cattarello, directeur système informatique et énergie. Sur 40.000 habitants, 6.000 se sont déplacés pour réaliser un diagnostic personnalisé. «La commune envisage de mettre en place soit un prêt à taux zéro, sous la forme d'une opération programmée d'amélioration thermique de l'habitat, soit une subvention directe» pour améliorer l'isolation des logements.

C'est à Grenoble que le plan d'action apparaît le plus abouti. «La thermographie a été réalisée entre janvier et mars 2007, avant une opération de plus grande ampleur: la réalisation de travaux d'isolation thermique dans le cadre d'un système de subvention voté par la ville, explique Stéphane Siebert, directeur général des services. Nous allons mener deux opérations pilotes; une en bailleur social et l'autre dans une grande copropriété au centre-ville. Dès juillet, nous commencerons des travaux dans les logements les plus ‘déperditifs' et nous souhaitons arriver à un régime permanent de 1.000 logements par an d'ici 4-5 ans avec un budget d'un million d'euros par an, plus les subventions, pour un parc total de 80.000 logements.»

Les travaux de réhabilitation concerneront surtout les bâtiments construits durant les années 1945-1975, qui sont les plus énergivores, afin d'arriver à une moyenne de 80 kilowattheures par mètre carré et par an (kWh/m2/an) pour le neuf et 200 kWh/m2/an pour l'existant. Certains de ces bâtiments consomment actuellement plus de 400 kWh/m2/an.



(1) Outre les collectivités mentionnées, le Pays voironnais (Isère), le Havre et Aubagne ont aussi réalisé des opérations de thermographie. La liste n'est pas exhaustive. La plupart d'entre elles ont publié leurs cartes thermiques sur des sites internet.








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